«Le Corniaud» a 50 ans et voit la vie en grand

COFFRET CADEAU Un énorme coffret collector vient d'être édité à l'occasion des 50 ans du «Corniaud», grand classique du cinéma comique signé Gérard Oury, avec Bourvil et Louis De Funes...

Stéphane Leblanc

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Louis De Funes et Burvil dans Lancer le diaporama
Louis De Funes et Burvil dans — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Comme la cargaison d’héroïne, d’or, d’émeraude et de diamant que Bourvil, le corniaud du film, transporte dans sa drôle de décapotable, Le Corniaud dans son coffret millésimé 2015 fait son poids : 4 kg, pas moins. Un beau bébé que ce grand classique de la comédie française, qui pour fêter ses 50 ans, se retrouve non seulement restauré et toiletté pour une belle ressortie dans les salles, mais, pour les cinéphiles casaniers, coffré en Blu ray-DVD par Studiocanal dans un volume occupant 35cm x 26cm x 7,5cm. Pas très discret dans une vidéothèque…

Le coffret géant du Corniaud à côté du Blu ray normal du film - S.LEBLANC/20MINUTES

 

Cette édition limitée ne contient pourtant que trois galettes, le film en DVD, en Blu-ray et un long documentaire qui rappelle qu’on est en présence de « la première superproduction comique française » et un film au succès sans précédent : 11,7 millions d’entrées. « Pour la première fois, mon père a vraiment rapporté de l’argent à la maison, se souvient Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury qui avait 23 ans à l’époque. Il a pu faire refaire la salle de bains. »

Au film en DVD et Blu-ray, et à l’inévitable documentaire sur un troisième DVD s’ajoute une copie papier de l’énorme script de 624 pages annoté par Gérard Oury et d’un petit album de 44 pages regroupant les « articles de presse » découpés dans les journaux par la maman du cinéaste. Trop chou. Le poids et la dimension hors norme du coffret viennent de là.

Et encore, il manque le début du scénario à Paris. Si bien qu’on ne pourra pas vérifier si la cultissime réplique « Maintenant elle va marcher beaucoup moins bien forcément » après la collision de la 2CV d’Antoine-Bourvil avec la voiture de Saroyant-De Funes, est bel et bien improvisée, comme le prétend la légende, ou bien écrite par des scénaristes de génie comme le laisse modestement entendre Bourvil dans la vidéo ci-dessus.

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Une chose est sûre c’est que Danièle Thompson n’y est pour rien. La fille de Gérard Oury n’a fait ses premiers pas de scénariste professionnelle que sur le film suivant de son père, La Grande Vadrouille (1966). Mais elle a quand même profité de son retour en France après plusieurs années passées aux Etats-Unis pour glisser quelques idées dans l’oreille de son père. Qui ont été retenues, comme elle l'a confié à 20Minutes.

« L’idée du téléphone, c’est moi »

« Oh pas beaucoup d’idées, rigole-t-elle. J’avais 23 ans, j’étais enceinte de ma fille, et donc pas très disponible. Mais c’est vrai que l’idée du téléphone dans la voiture de Bourvil, ça vient de moi. Et j’ai marqué des points le jour où j’ai proposé ça. »

La scénariste et future réalisatrice de La Bûche (1999), qui confie avoir tout appris de ce métier « en traînant des journées entières dans le bureau de mon père quand j’étais petite », est par la suite devenue la scénariste attitrée de son père. C’est à elle qu’on doit le script de La Grande Vadrouille, avec le même duo Bourvil-De Funes dirigé par le même Gérard Oury, dont le succès a longtemps été inégalé avec ses 17 millions d’entrées.

« La Grande vadrouille » en coffret, c’est pour l’an prochain

« On compte bien refaire le coup du coffret géant pour les 50 ans de ce film l’an prochain », lance alors Danièle Thompson. Peut-on parler de Folie des grandeurs ? Non, car c'était plus tard, en 1971, et sans Bourvil, décédé l’année précédente.