«La vie pure»: Du pur cinéma d'aventure à tout petit budget

AVENTURES L'histoire vraie d'un explorateur des années 1950 donne un film envoûtant, ode aux mystères de la nature...

Caroline Vié

— 

Stany Coppet dans La vie pure de Jérémy Banster
Stany Coppet dans La vie pure de Jérémy Banster — Antoine Morin/Panoceanic Films

Entre Into the Wild de Sean Penn et Fitzcarraldo (1982) de Werner Herzog, La vie pure, premier long-métrage de Jérémy Banster fait l’effet d’un ovni dans le paysage cinématographique français. Ce premier film ambitieux tire le meilleur parti d’un budget minime (988.000 €) pour entraîner le spectateur au cœur de la forêt guyanaise, un dépaysement bienvenu. On se laisse envoûter par cette histoire inspirée par celle de Raymond Maufrais, un explorateur disparu à la fin des années 1950.

Le retour de la grande aventure

« Nous avons eu beaucoup de mal à monter puis à distribuer La vie pure, explique le producteur Olivier Compère. On nous disait que le cinéma d’aventure ne se faisait plus ce qui nous a semblé une excellente raison pour nous lancer ». Une équipe d’une vingtaine de personnes est donc partie en pleine forêt primaire à une heure de Cayenne. « Ces quatre semaines de tournage sauvage étaient pénibles mais importantes pour le réalisateur et pour l’acteur Stany Coppet. » Ce dernier, originaire de Guyane, est la trouvaille du film qu’il porte sur ses épaules.

Comme en forêt de Fontainebleau

L’équipe en a bavé pendant le « petit été » guyanais où des pluies diluviennes venaient interrompre le tournage. « Les gens du cru pensaient que nous étions fous quand ils nous voyaient sécher les feuilles d’arbres entre deux averses », se souvient Olivier Compère. Tous ont cependant fini par s’habituer à des conditions extrêmement dures. « Au bout d’un moment, on a presque l’impression d’être en forêt de Fontainebleau car on oublie vite qu’on est entourés de serpents et d’araignées venimeuses. » Fort heureusement, tous sont revenus sains et saufs pour terminer La vie pure, un vrai coup de cœur en cette fin d’année.