Attentats à Paris: Bertrand Bonello termine un film intitulé «Paris est une fête»

CINEMA Prémonitoire, le film que Bertrand Bonello termine sur des attaques terroristes à Paris, doit sortir en 2016…

Stéphane Leblanc
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Bertrand Bonello en avril 2015 à New York.
Bertrand Bonello en avril 2015 à New York. — SIPANY/SIPA

Alors que le roman culte d’Hemingway fleurit partout dans Paris, il se trouve que Paris est une fête est également le titre du prochain film de Bertrand Bonello. Une coïncidence troublante et prémonitoire : le réalisateur de Saint-Laurent y met en scène des jeunes gens de milieux différents, mais ayant tous évolué vers le terrorisme. Parmi eux, le turbulent Vincent Rottiers, déjà terrifiant dans Dheepan de Jacques Audiard, et Finnegan Oldfield, révélé face à François Damiens dans Les Cowboys. Et de nombreux jeunes acteurs non-professionnels. Ils trouveront refuge au même endroit, après avoir disposé des bombes partout dans Paris…

Pour se faire une (petite) idée du film, un extrait figure sur le site Cafedesimages. Un dialogue entre deux jeunes gens…

« Y a eu plusieurs bombes simultanées, des trucs en feu… Ça a l’air de s’être calmé, mais on sait pas trop. Y en a qui hurlent de joie… puis tu croises des gens en larmes… qui hurlent que c’est la guerre… mais je pense que c’est bon, c’est fini, là.
– Et les types qui ont fait ça ?
– Apparemment, on les retrouvera. Mais il n’y a aucune revendication. Valls a dit qu’il y avait des pistes sérieuses. Il veut rien dire de plus. Il a juste dit que c’était pas forcément des étrangers. De toute manière, franchement… (Elle laisse un temps)
– Franchement quoi ?
– Ça devait arriver, non ?
– Sûrement. Je sais pas…
– Si. Ça devait arriver. Ça devait vraiment arriver. Ben voilà… ça y est. »

« Le film ne pose pas la question du pourquoi »

« Ce film traite sans doute du terrorisme, confiait cet été le cinéaste à Libération. Mais il ne pose jamais la question du pourquoi. Pour comprendre les raisons de la violence, il suffit de lire le journal, de se promener dans la rue. Les jeunes de Paris est une fête posent des bombes, mais je voulais surtout filmer le comment. Le cinéma d’action m’intéresse dans ses moments de tension, d’attente. Après les attentats de janvier, se pose la question de la violence. Mais, plutôt que de considérer ce film comme politique, je souhaiterais surtout qu’il devienne un geste de cinéma. »

A la question de savoir si ce film, que le cinéaste considérait déjà cet été comme « une vraie prise de risque » sera bouleversé/transformé/modifié du fait des attaques du 13 novembre, la production du film, contactée mardi soir par 20 Minutes, n’a pas souhaité apporter de réponse. Pour l’instant, car des indiscrétions fleurissent déjà çà et là…