«Je suis un soldat»: Louise Bourgoin dans l'enfer du trafic de chiens

OUAH Ce beau film de Laurent Larivière révèle une réalité glaçante sur des pratiques peu connues...

Caroline Vié

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Louise Bourgoin dans Je suis un soldat
Louise Bourgoin dans Je suis un soldat — Christophe Brachet/ Le Pacte

Louise Bourgoin porte sur ses épaules Je suis un soldat, le premier film de Laurent Larivière découvert au Festival de Cannes dans la section Un certain regard. Elle y est magnifique en chômeuse longue durée qui croit trouver un emploi sans histoire dans le chenil de son oncle (Jean-Hughes Anglade). « Mon film est centré sur ce personnage de trentenaire contrainte de retourner dans sa famille par les conditions économiques, précise le réalisateur. Le trafic de chiens m’a semblé un décor idéal pour cette histoire. »

Plus profitable que la prostitution

Après avoir construit son intrigue, Laurent Larivière l’a peaufinée en se penchant plus à fond sur le trafic de chiens, sujet peu abordé au cinéma. « J’ai découvert avec stupéfaction qu’il s’agit du troisième trafic le plus rentable en France après la drogue et les armes et avant la prostitution. Sur 600.000 chiots vendus chaque année, seuls 150.000 viennent d’élevages légaux », explique-t-il à 20 Minutes. Animaux maltraités succombant à des maladies même dans des animaleries ayant pignon sur rue sont monnaie courante.

Des pratiques lucratives

La descente aux enfers de son héroïne qui finit par se révolter correspond à une réalité. « Les contrevenants ne risquent que des amendes. La prison ferme n’est envisagée qu’en cas de récidive, explique le réalisateur. C’est peu dissuasif au vu des sommes générées pouvant aller jusqu’à 15.000 € par mois pour un particulier pratiquant le trafic en plus de son activité régulière. » Son film puissant, dont le titre est inspiré d'une chanson de Johnny Hallyday, lève le voile sur ses pratiques odieuses donnant l'occasion au spectateur de réfléchir sur qu'il serait prêt à faire pour conserver son emploi.