«Blues Brothers»: Pourquoi cette comédie musicale ne pourrait plus être tournée aujourd'hui

CULTE John Landis, réalisateur du film culte qui ressort en salle cette semaine, en explique les raisons à «20 Minutes»…

Caroline Vié

— 

John Belushi et Dan Aykroyd dans Les Blues Brothers de John Landis
John Belushi et Dan Aykroyd dans Les Blues Brothers de John Landis — D.R. / Universal

Alors que le Festival d’Amiens lui rend hommage (jusqu’au 21 novembre), John Landis a profité de sa venue en France et de la ressortie en salle des Blues Brothers, sa comédie musicale culte de 1980, pour dire à 20 Minutes qu'il serait impensable de réaliser le même film en 2015.

Les budgets illimités, ça n’existe plus

John Landis a peiné à financer cette histoire de frangins fans de blues et de tôles froissées cherchant à monter un concert pour sauver un orphelinat. Le succès de John Belushi et de Dan Aykroyd dans l’émission « Saturday Night Live » a convaincu les producteurs.

« Universal nous a laissé carte blanche et des crédits pratiquement illimités. J’avais vraiment l’impression d’être un gamin qui s’amuse avec des voitures grandeur nature. Aujourd’hui, on utiliserait des effets spéciaux et on perdrait en réalisme. »

La plupart des protagonistes ne sont plus là

John Belushi, décédé d’une overdose en 1983, mais aussi de nombreux musiciens (James Brown, Ray Charles, Cab Calloway pour ne citer qu’eux) ont quitté la scène, définitivement.

« Cela me fait mal au cœur quand je revois le film car je me souviens de la joie de ces musiciens heureux de voir célébrer une musique qui était jugée ringarde à l’époque. Les Blues Brothers et la passion de Dan Aykroyd pour leur travail ont relancé leur carrière. »

On roulait à fond dans Chicago

Désireuse d’attirer un maximum de tournages de films dans sa ville, la maire de l'époque Jane M. Byrne a laissé les voitures foncer pieds au plancher dans les rues de la mégapole. Il n’y a, heureusement, eu aucun accident.

« Au début, nous pensions filmer tôt le matin pour éviter la circulation puis nous nous sommes rendu compte que ces rues désertes ne faisaient pas réaliste. On nous a laissé la possibilité de tourner en pleine journée. Impensable aujourd’hui. »

L’ambiance correspondait à l'époque

Au début des années 1980, l’ambiance était plus décontractée. Les acteurs et l’équipe faisaient beaucoup la fête sur le tournage et cette insouciance se ressent dans cette comédie indémodable.

« Oui, il y avait de la drogue. John Belushi était notoirement accro mais ce n’est pas cela qui explique cette bonne humeur communicative. Nous avions juste l’impression d'assouvir nos passions en toute liberté. C’était unique et je ne vois pas comment on pourrait reproduire cette sensation à l’identique. »