Tardi et Marvel: Deux univers dessinés revisités à l'écran

ANIMATION Comment adapter au cinéma des images fixes issues de la bande dessinée ? Deux créateurs répondent...  

Caroline Vié

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Michael Gaydos à la galerie Artludik
Michael Gaydos à la galerie Artludik — Caroline Vié

L’un est le co-réalisateur d’Avril et le monde truqué, film d’animation inspiré de Tardi qui sort au cinéma ce mercredi. L’autre est le créateur de l’héroïne Marvel Jessica Jones et ses œuvres sont exposées jusqu’au 2 janvier à la Galerie Arludik. Le Français Christian Desmares et l’Américain Michael Gaydos ont pour point commun d’avoir dû se plier aux exigences d’univers préexistants pour accomplir leur travail artistique. Ils y ont pris grand plaisir et l’expliquent pour 20 Minutes.

Christian Desmares s’inspire du trait des bédéastes

Après avoir fait bouger les personnages de Marjane Satrapi pour Persepolis (2007), Christian Desmares s’attaque au monde de Tardi pour Avril et le monde truqué où une jeune fille intrépide mène l’enquête pour retrouver des scientifiques disparus dans un Paris imaginaire. « Je me considère comme un musicien de studio, explique-t-il. Mon travail consiste à servir l’œuvre que je revisite. »

Pour mieux comprendre les artistes dont il anime le travail, Desmares a un secret. « Je les regarde dessiner, ce qui me permet de mieux comprendre leurs traits avant de les restituer. » Le résultat est magique : on a vraiment l’impression de voir un album de Tardi prendre vie. « Le monde de Tardi est très cinématographique. Alors ce n’est pas frustrant de travailler pour lui, c’est au contraire un vrai défi. » Qu’il relève avec talent.


Michael Gaydos a retouché sa propre héroïne

C’est aussi à un travail d’adaptation délicat que Michael Gados s’est livré pour la minisérie Jessica Jones qui débutera sur Netflix le 20 novembre prochain. Le dessinateur a dû retoucher cette superhéroïne détective qu’il a créée pour l’écurie Marvel. « On m’a demandé de modifier Jessica pour qu’elle ressemble à la comédienne Krysten Ritter, qui l’incarne à l’écran. C’était un équilibre difficile de retoucher le personnage sans trop le modifier. J’avais l’impression de faire faire de la chirurgie esthétique à ma fille. »

Si Michael Gaydos s’est habitué aux légères modifications (chevelure plus sombre, traits affinés), il ne jure pas qu’il les conservera à l’avenir. « J’aime trop l’originale », avoue-t-il. Gaydos est cependant enchanté de voir ses planches devenir un téléfilm live. « Voir Jessica prendre chair m’a comblé. »