«La dernière leçon»: Marthe Villalonga à des années-lumière de «Maguy»

GRANDE DAME La comédienne bien connue des télespectateurs de «Maguy» fait rire et surtout pleurer dans ce drame sur la fin de vie.

Caroline Vié

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Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire dans La dernière leçon
Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire dans La dernière leçon — Wild Bunch

Marthe Villalonga a beaucoup fait rire le public en femme de ménage de Rosy Varte dans la série « Maguy » (1985-1994) ou, plus récemment, en grand-mère de Perceval dans « Kaamelott ». Dans La dernière leçon, réalisé par Pascale Pouzadoux, la comédienne éblouit en maman de 92 ans annonçant à ses grands enfants qu’elle va se suicider parce qu’elle ne supporte plus sa déchéance physique. « Je n’avais qu’une crainte : qu’on confie finalement le rôle à une autre que moi », confie Marthe Villalonga à 20 Minutes.

Une maman professionnelle

Les personnages de mères, Marthe Villalonga connaît bien. Elle fut notamment celle, envahissante, de Guy Bedos dans Un éléphant ça trompe énormément (Yves Robert, 1976) et sa suite (1977). Dans La dernière leçon librement inspirée du roman de Noëlle Châtelet (éditions Points), l’actrice devient la maman de Sandrine Bonnaire, éblouissante en fille qui profite à fond de ses dernières semaines avec sa génitrice. « Je l’avais déjà rencontrée sur Les Innocents (1987) d’André Téchiné où je n’avais qu’un petit rôle. Mais j’avais eu le temps de me rendre compte de sa modestie et de sa simplicité. »

Une actrice éclectique

Avant de trouver ce qui est sans doute son plus grand rôle dans La dernière leçon, Marthe Villalonga a joué des rôles sérieux chez Téchiné (Elle a été citée aux César en 1994 pour Ma saison préférée), Alexandre Arcady (Le coup de Sirocco, 1979) ou même Samuel Fuller (Au-delà de la gloire, 1980). « J’ai été dirigée par de grands cinéastes même si ce n’était parfois que brièvement, se souvient la comédienne. Mais ce sont mes performances comiques qui ont marqué les esprits et un accent pied-noir dont je me suis débarrassée, mais que les gens croient encore entendre. »

Mourir debout coûte que coûte

Le sujet de La dernière leçon a évidemment parlé à la comédienne âgée de 83 ans. « Ce que défend le film est essentiel : il faut que chacun puisse partir au moment de son choix. Comme le dit la femme que j’incarne, je veux mourir debout ! » déclare Marhe Villalonga. La dignité est ce qui frappe chez son personnage jamais ridicule, même quand elle doit porter des couches. La tendresse qu’elle ressent pour son fils qui refuse d’accepter sa décision (excellent Antoine Duléry dans un rôle délicat) et la complicité qui l’unit à sa fille font de cet appel au droit de mourir une fantastique ode à la vie.