«Nous trois ou rien»: Kheiron n'avait jamais dit «Je vous aime» à ses parents

DECLARATION L'humoriste offre un premier film d'une grande sensibilité en racontant l'histoire de sa famille...  

Caroline Vié

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Leïla Bekhti et Kheiron dans Nous trois ou rien
Leïla Bekhti et Kheiron dans Nous trois ou rien — Gaumont

En Iran dans les années 1970, il ne faisait pas bon être opposant au Shah puis de se heurter aux Islamistes. C’est ce que raconte Kheiron dans Nous trois ou rien où il évoque le passé de ses parents dans leurs pays d’origine puis leur installation en France quand il n’était qu’un enfant. « J’ai tourné mon film il y a deux ans, je n’ai donc pas pensé aux tragédies actuelles des migrants », affirme-t-il à 20 Minutes.

Le Shah, plus vrai que nature

Pour incarner le dictateur qui quitta le pouvoir en 1979, Kheiron a fait appel à Alexandre Astier, tordant en dictateur capricieux. « J’ai à peine forcé le trait, explique Kheiron. Il était bel et bien déconnecté de la réalité au point qu’il a été surpris de savoir son peuple malheureux quand la révolution a éclaté », commente Kheiron. Dans le rôle de son propre père qui vécut un calvaire de sept ans dans les prisons du Shah, l’humoriste parvient à faire sourire. « Je ne voulais pas que mon film tourne au règlement de compte mais que l’on rit du Shah. »

Un cri d’amour tendre et pudique

Cette comédie tendrement émouvante fait osciller entre éclats de rire et serrements de gorge tandis qu’on s’attache à cette famille menée par un couple dont l’amour résiste à toutes les épreuves. « Je n’ai jamais vu mes parents s’embrasser, confie Kheiron, mais je sais qu’ils s’aiment plus que tout. Leurs actes le démontrent depuis toujours. » La pudeur familiale semble se transmettre de façon héréditaire. « Moi-même, je ne leur ai jamais dit "je t’aime" », confie l’acteur-réalisateur. Son film le proclame pourtant de façon éclatante laissant le spectateur l’œil humide et le sourire aux lèvres.