Non, Maiwenn n'est pas la reine de «Mon roi»

RENCONTRE Dans les salles ce mercredi, le nouveau film de Maiwenn retrace dix ans d’une histoire d’amour tumultueuse entre un homme et une femme…

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Maiwenn Le Besco poses at the Palme d'Or Winners Photocall at the Palais des Festivals during the 64th Cannes Film Festival on May 22, 2011 in Cannes, France. /NIKO_A031/1105230151/Credit:NIKO/NIVIERE/LE FLOCH/SIPA/1105230203
Maiwenn Le Besco poses at the Palme d'Or Winners Photocall at the Palais des Festivals during the 64th Cannes Film Festival on May 22, 2011 in Cannes, France. /NIKO_A031/1105230151/Credit:NIKO/NIVIERE/LE FLOCH/SIPA/1105230203 — NIKO/NIVIERE/LE FLOCH/SIPA

Maïwenn a un sale caractère et c’est ce qui la rend si attachante. Qu’elle attaque publiquement Julie Gayet ou qu’elle s’en prenne aux partisan(e) s des quotas de films de femmes, son argument est le même : « Ce n’est pas mon combat, j’ose espérer que si mes films sont sélectionnés à Cannes, ce n’est pas seulement parce que je suis une femme mais parce qu’ils plaisent au comité de sélection ». Et à ses pairs : c’est Robert DeNiro qui a attribué un prix du jury à Polisse en 2011 et les frères Coen un prix d’interprétation à Mon roi cette année.



A la suite d’une grave chute de ski, une femme (Emmanuelle Bercot) se remémore l’histoire d’amour tumultueuse et passionnée qu’elle a vécue avec un homme (Vincent Cassel), entièrement soumise à son amour étouffant et destructeur. L’histoire de Mon roi, Maiwenn a mis dix ans pour la porter à l’écran.

« Pas assez mûre pour passer le pas »

« J’avais envie d’écrire une histoire d’amour naissante. Mais je ne me sentais pas assez sûre de moi pour passer le pas, a-t-elle confié à 20Minutes. C’est plus facile de raconter des névroses de jeunesse (Pardonnez-moi), des histoires d’enfants (Polisse) ou de comédiens (Le Bal des actrices) que de parler d’amour tout simplement. »

Le titre du film vient de la chanson d’Elli Medeiros « Toi toi mon toit… toi mon tout, mon roi… » que fredonnait Maïwenn en se passant des chansons d’amour dans la tête. Cela tombe bien : « Le personnage que joue Vincent Cassel est vraiment le roi, dit-elle, dans tous les sens du terme ». Mais dans ce cas, qui est la reine ? Emmanuelle Bercot dans le film est-elle Maïwenn dans la réalité ?

 

Un malentendu qui vient d’images de Maiwenn enfant

« On m’a donné cette étiquette de la réalisatrice qui tourne des films autobiographiques dès mon premier film, Pardonnez-moi, et je ne m’en sors pas, regrette-t-elle. Ce malentendu vient sans doute que je jouais dans mes films et que j’ai montré des images de moi enfant. Là au moins je ne joue pas… Mais je voudrais que ce soit bien clair : je ne suis pas une cinéaste qui mélange son travail et sa vie ! C’est réducteur et vexant. J’ai l’impression qu’on nie ma capacité à inventer des histoires.

Justement, ce travail, en quoi consiste-t-il ? « Canaliser les énergies et arriver à cette complicité-là, cela se fabrique à partir de situations de départ et de dialogues très écrits. Je tourne constamment avec deux caméras très mobiles autour des comédiens. Je ne veux pas que le texte paraisse plaqué, autrement ça sonne faux. Je laisse donc beaucoup de liberté aux acteurs, quitte à ce qu’ils improvisent lorsque les scènes sont longues. »

Prenons la scène emblématique de la pharmacie conçue comme une scène de shopping dans un magasin de luxe… « Tout était prévu, même le fait que Vincent Cassel veuille acheter du Viagra. Mais le résultat final ne ressemble pas à ce qu’on avait imaginé, parce qu’un comédien comme Vincent Cassel apporte en plus beaucoup d’humour à une scène comme celle-là… »