«Seul sur Mars»: Ridley Scott a testé la GoPro pour filmer Matt Damon

ESPACE Le réalisateur n’a pas hésité à utiliser des petites caméras très maniables pour ce beau film de science-fiction…

Caroline Vié

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Matt Damon dans Seul sur Mars de Sir Ridley Scott
Matt Damon dans Seul sur Mars de Sir Ridley Scott — Twentieth Century Fox

Sir Ridley Scott a craqué pour l’excellent roman de science-fiction Seul sur Mars d’Andy Weir (éditions Bragelone) au point d’en livrer une adaptation brillante. « J’étais fasciné par l’idée de cet astronaute perdu tout seul sur une planète hostile. Cela m’a rappelé L’île au trésor de Robert Louis Stevenson (1850-1894) que j’adorais dans ma jeunesse », confie le réalisateur à 20 Minutes.

Plusieurs petites caméras

Matt Damon, comme toujours excellent, incarne cet homme solitaire écoutant des tubes des années 1980 pour essayer de ne pas perdre le moral. « Ma principale difficulté a été d’exprimer ses pensées sans avoir recours à une voix off que j’aurais vite trouvée lassante », explique le cinéaste septuagénaire. Pour contourner ce souci, Ridley Scott a utilisé plusieurs GoPro, petites caméras maniables qu’il a placées tout autour de l’acteur. « J’ai été surpris par leur maniabilité et par la qualité de l’image. Cela offrait un confort incroyable à Matt qui, sachant où elles étaient placées, pouvait s’adresser directement au spectateur. »

Un passionné de nouvelles techniques

Le réalisateur d’Alien (1979) et de Prometheus (2012) se passionne tout autant pour la science-fiction que pour les nouvelles techniques. « Il est important de rester ouvert aux innovations quand on fait mon métier et qu’on n’a pas envie de se laisser enfermer, martèle-t-il. Aujourd’hui, n’importe qui peut réaliser un film sur son téléphone portable ! » Ridley Scott n’a rien de passéiste et Seul sur Mars, grand succès au box-office américain, le démontre par l’exemple. « Je m’amuse toujours autant sur les plateaux car je trouve un côté ludique aux tournages. C’est pour cela que je tente d’en réaliser un par an. »

Le plaisir d'un tournage intimiste

Le travail sur Seul sur Mars lui a permis de passer beaucoup de temps avec Matt Damon pendant les longs passages où le comédien est seul à l’écran. « C’était fort différent du tournage d’Exodus (2014) où je devais gérer une imposante distribution. Matt et moi avons tout travaillé ensemble », commente-t-il. Sir Ridley a retrouvé la joie d’un tournage intimiste. «Cela m’a rappelé celui des scènes d’affrontement des Duellistes (1977), mon premier long, dit-il, mais les caméras sont beaucoup plus légères aujourd’hui ! » Cette liberté a réussi au maître qui signe ici l’un de ses meilleurs films récents.