Nicolas Winding Refn rassemble 316 de ses affiches de série Z dans le livre «L’art du regard»

CULTE Le réalisateur de «Drive» cosigne un ouvrage magnifique sur le cinémas des années 1960-1970...

Caroline Vié

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Nicolas Winding Refn et son livre: L'art du regard
Nicolas Winding Refn et son livre: L'art du regard — Caroline Vié

On connaît Nicolas Winding Refn pour ses films radicaux et envoûtants : Le guerrier silencieux (2010), Drive (2011) et Only God Forgives (2013), disponibles en vidéo chez Wild Side. Le réalisateur danois partage sa passion pour le cinéma d’une autre façon avec L’art du regard, ouvrage magnifique réunissant 316 de ses affiches de série Z des années 1960-1970. « J’ai voulu faire un livre luxueux pour parler de films fauchés », confie-t-il à 20 Minutes. S’il connaît bien le coût de son ouvrage, c’est qu’il l’a financé de ses propres deniers !

Une esthétique frappante

Il y a quelques années Nicolas Wading Refn a acheté une collection d’affiches de films totalement oubliés. « Ils étaient montrés sur la 42e rue à New York avant que le quartier soit modernisé, se souvient-il. C’était des œuvres violentes et sexy où l’image de la femme était souvent si négative que mon épouse a refusé que j’en accroche à la maison. » En étudiant ces mille posters empilés dans sa cave, le réalisateur a été frappé par leurs qualités graphiques. « Les créateurs allaient à l’essentiel pour frapper le spectateur. Ils n’avaient aucun moyen mais remplaçaient leur manque d’argent par un sens esthétique frappant. »


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Hommage à un cinéma disparu

Nicolas Wading Refn a fait appel au journaliste anglais Alan Jones pour écrire les textes du livre. « Il en a bavé, avoue-il, car la plupart des 316 films choisis ont disparu et certaines de ces affiches ne comportent pas de générique. » Ce travail de recherche allié à la beauté des visuels superbement mis en valeur rend l’ouvrage somptueux et indispensable pour les amateurs de cinéma bis. « J’ai tout supervisé moi-même et j’avoue un faible pour les affiches artisanales et clandestines de classiques comme Répulsion de Roman Polanski ou Night of the Darks Shadows de Dan Curtis. »

Un appel au rêve

Nicolas Wading Refn n’a pas vu les trois-quarts des longs-métrages présentés dans son livre. « J’aime l’idée que les titres fassent rêver et que chaque lecteur puisse se faire son film devant les posters de Captive Wild Woman ou Mundo Depravado », s’amuse-t-il. Pour financer son ouvrage, il a réalisé une publicité avec Matthew McConaughey. « Je ne compte pas rentrer dans mes frais, avoue-il, mais j’espère que ce livre rapportera suffisamment d’argent pour en éditer un second ». Les lecteurs potentiels doivent se dépêcher : l’édition française, publiée vendredi avec le soutien d’Acte sud et de l’Institut Lumière, ne comporte que 1.500 exemplaires.