Ryan Gosling à l’école de la vie

CINEMA «Half Nelson», film touchant, met en évidence le talent de Ryan Gosling...

Caroline Vié

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Un enseignant drogué trouve un soutien solide en la personne dune ado perturbée. «Half Nelson», film touchant, met en évidence le talent de Ryan Gosling.

Un prof dans la tourmente
Le «Half Neslon» qui donne son titre au film de Ryan Fleck est une prise de catch consistant à immobiliser son adversaire. C’est dans cette position intenable que se trouve le héros, coincé dans sa vie qu’il ne contrôle plus. Ce prof charismatique fait vibrer ses élèves qui ignorent qu’il est sous l’emprise de la drogue. L’aide inattendue d’une gamine issue d’un milieu défavorisé va permettre à l’enseignant à la dérive de sortir la tête de l’eau. Ryan Gosling, révélé dans «Dany Balint» de Henry Bean et «N’oublie jamais» de Nick Cassavetes, porte le film sur ses épaules. Il a d’ailleurs été cité à l’Oscar pour sa prestation, prouvant une fois de plus qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération.

Des auteurs débrouillards

Pour lancer le projet, Ryan Fleck et sa co-scénariste Anna Boden l’ont d’abord filmé sous la forme d’un court-métrage tourné en numérique avec des acteurs non professionnels. Cette version courte, baptisée du nom de leur quartier, «Gowanus, Brooklyn», a été récompensée au Festival de Sundance ce qu’il a leur a permis de trouver le financement pour «Half Neslon». La jeune Shareeka Epps, qui interprète l’élève compréhensive, a d’ailleurs repris son rôle pour le «long». Karen Chilton qui joue sa mère en a fait de même. Quant à Matt Kerr qui tenait le rôle principal dans le court-métrage, il a dû céder sa place à Ryan Gosling, plus connu, mais il campe un personnage… de prof remplaçant.

Une réussite couverte de prix
La débrouillardise de «Ryan Fleck» comme sa connaissance parfaite du lieu de tournage font des merveilles. Les auteurs ont visiblement puisé dans les souvenirs de leurs années lycée pour cette chronique sur une belle histoire d’amitié. Ce film puissant, récompensé notamment aux festivals de Deauville et de Locarno, fait partie des bonnes surprises de l’été. Ses auteurs ne confondent jamais sensibilité et sensiblerie parvenant à créer une réelle empathie pour des êtres blessés par la vie. Cette fable humaniste ancrée dans notre époque fait éprouver des émotions subtiles et démontre que le cinéma indépendant américain a encore de belles heures devant lui.