VIDEO. Marjane Satrapi a dépassé sa peur des insectes grâce à «Microcosmos»

KIDS Marjane Satrapi est la marraine de «Mon premier Festival», événement consacré au cinéma pour les enfants pendant les vacances de la Toussaint à Paris…

Stéphane Leblanc

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Marjane Satrapi à Paris le 10 mars 2015.
Marjane Satrapi à Paris le 10 mars 2015. — LAURENT BENHAMOU/SIPA

« Non, je n’ai pas d’enfants », prévient d’emblée Marjane Satrapi. « Je les aime bien, mais je préfère les voir repartir le soir avec leurs parents », précise la marraine de Mon premier festival, un événement tout entier dédié aux projections de films jeune public pendant les vacances de la Toussaint à Paris.

« Vous n’imaginez pas la cruauté dont ils sont capables, poursuit-elle. Heureusement qu’ils sont petits, parce que s’ils avaient notre taille, ils nous tueraient tous », rigole-t-elle.

Marjane Satrapi évoque pour 20Minutes le rôle qui sera le sien pendant ces quelques jours : inciter ces « toutes petites choses fragiles qui ne comprennent rien » à voir le maximum de films de la programmation, sans restriction. « Si quatre ou cinq d’entre eux deviennent des passionnés, j’aurai fait mon boulot ! », s’amuse celle qui estime que des enfants, « il y en a des sympas, des mignons et des pas mignons, et c’est pour ça que je les aime ».

Déjà, elle a hâte d’être à mercredi 15h pour assister à la cérémonie d’ouverture du festival. Le dessinateur Tardi, qu’elle « estime beaucoup et connaît très bien » sera dans la salle car c’est lui qui signe le dessin et l’histoire du dessin animé qui sera projeté, Avril et le monde truqué. Elle retrouvera aussi une partie de l’équipe qui l’avait aidée à produire et réaliser Persepolis et qui a travaillé sur ce nouveau film.

Actuellement en plein travail d’adaptation du best-seller L’extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, « qui résonne étrangement, dit-elle, avec l’actualité des migrants », Marjane Satrapi se souvient que ses goûts dans son enfance ne la poussaient pas spontanément vers des films « jeune public ».

A Téhéran, elle se délectait du Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino, parce que la guerre a commencé peu après la sortie de ce film en 1979 et qu’elle était une petite fille « très pacifique ». Avant cela, elle regardait chaque jour, en rentrant de l’école, Les Sept Samouraïs de Kurosawa, « un film de 3h30 que j’adorais, dit-elle, pour son humour et sa bravoure et pour lequel à chaque fois à découvrir des détails qui avaient pu m’échapper… C’était une obsession ».

La maturité des enfants

Pour Mon petit festival, les trois films qu’elle présentera dans les salles (une fiction, un documentaire, un dessin animé) raviront davantage les adolescents que les tout-petits, même si « tout dépend de la maturité des enfants », note-t-elle.

La fiction qu’elle a choisie, c’est Les Bêtes du Sud sauvage, de Benh Zeitlin. « Ce film, je suis allée le voir à reculons, mais c’est une histoire qui vous prend. J’ai ressenti une émotion qu’aucune image de la tempête Katrina ne m’avait procurée. Parce qu’il n’y a pas que le sujet de la catastrophe naturelle, il y a aussi une histoire bouleversante de petite fille… »

Le film d’animation, c’est Princesse Mononoke, d’Hayao Miyazaki. « Parce que je n’imagine pas un festival pour enfant sans Miyazaki. J’ai choisi Princesse Mononoke, parce qu’il passe moins souvent que d’autres. C’est un film que les parents n’osent peut-être pas montrer à leurs enfants, parce qu’il fait un peu peur… »

Le documentaire, enfin, c’est Microcosmos, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou. « Avant de voir ce film, on pouvait me considérer comme un tueur en série d’insectes. J’en avais une peur bleue. Mais les réalisateurs du films ont réussi à en faire quelque chose de beau. Depuis, je ne les tue plus. »