«Notre petite soeur»: La mémoire du goût sur grand écran

CINEMA Le réalisateur japonais Kore-eda revient avec une ode à la famille... et aux repas de poissons.

Stéphane Leblanc

— 

Notre petite soeur d'Hirokazu Kore-eda
Notre petite soeur d'Hirokazu Kore-eda — Le Pacte

Une fête pour les yeux et les papilles : Notre petite sœur se délecte d’une multitude de plats de poissons et se révèle malgré tout digeste et léger. Le nouveau film du Japonais Hirokazu Kore-eda débute pourtant dans le recueillement. Le jour de l’enterrement de leur père qui les avait abandonnées quinze ans auparavant, trois sœurs plus âgées font la connaissance de leur demi-sœur de 14 ans qu’elles n’avaient jamais vue et décident de l’accueillir dans leur maison familiale…

Moins dramatique et spectaculaire que Nobody Knows (2003) sur un abandon d’enfants ou Tel père, tel fils (2013), sur un échange à la maternité, Notre petite sœur évoque le souvenir d’un père défunt, d’une épouse ou d’une grand-mère, à travers des souvenirs heureux : des repas de poissons de la région balnéaire de Kamakura qu’elles n’ont jamais dégustés ensemble, mais toujours séparément. « La mort est omniprésente, admet le cinéaste japonais à 20Minutes. Mais je voulais l’évoquer d’une manière apaisée. Pour ce faire, la nourriture est idéale parce qu’elle permet de créer du lien entre les vivants. »

Des scènes de repas pour remplacer les flash back

Maquereaux frits, bol de nouilles avec du poisson frais, fruits de mer mijotés… « Ces scènes remplacent les flash-back pour montrer comment les sentiments à l’égard des personnes disparues touchent chacun des personnages », souligne Kore-eda. Avec les volutes de chacun des plats, ce sont des souvenirs qui resurgissent. Et que l’on partage cette fois de la façon la plus délicate qu’il soit.