Crédits d'impôts: Luc Besson pourra tourner «Valerian» en France

ÉCONOMIE Le réalisateur s'est réjoui sur Facebook des nouvelles règles qui devraient limiter les délocalisation de tournages...

F.R. avec AFP

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Luc Besson lors de la promotion de «Lucy» en Russie en septembre 2014
Luc Besson lors de la promotion de «Lucy» en Russie en septembre 2014 — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Du (petit) coup de gueule au (grand) cri de joie. Fin août, Luc Besson déplorait de devoir délocaliser en Hongrie le tournage de son nouveau film, Valerian et la ville aux mille planètes. Raison invoquée : les critères ouvrant droit à des crédits d’impôts en France empêchaient le réalisateur de Léon d’en bénéficier, or ce long-métrage annoncé comme « le plus cher du cinéma européen » a été budgété pour 170 millions d’euros.

« En France, [les crédits d’impôts] sont de 20% pour les films français et de 30 % pour les étrangers. Mais je suis un film français en langue anglaise, donc j’ai droit à 0 % en tant que film français. En tant que film étranger, j’ai droit à 0 % car le producteur est français. Je suis dans un trou juridique », expliquait-il au micro de RTL.

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, avait alors réagi en se montrant attentive à ce que dénonçait Luc Besson. Elle est ensuite passée à l'action; mercredi, elle a annoncé, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2016, la généralisation du taux de 30 % de crédit d’impôt pour le cinéma, un taux jusqu’ici réservé aux films de moins de 4 millions d’euros. Elle a précisé que ce taux sera désormais aussi appliqué à certains films tournés en langue étrangère.

« Une formidable nouvelle pour l'économie française »

Samedi, Luc Besson a rebondi sur cette annonce en postant un long message enthousiaste sur Facebook : « Un nouveau texte de loi s’apprête à être voté à l’Assemblée nationale. Grâce à ce nouveau texte, Valerian pourra se tourner en France. »

Et de poursuivre, emballé : « C’est une formidable nouvelle pour l’économie française car le film va générer un millier d’emplois et dépenser sur le territoire plusieurs dizaines de millions d’euros. Pourtant, ce n’est pas la meilleure nouvelle de ce texte de loi. La meilleure nouvelle, c’est que les films français vont bénéficier d’un crédit d’impôts de 30 %, au lieu de 20 % initialement. Cette différence paraît minime, pourtant elle change tout ! »

Selon lui, « à cause de ces 10 % de différence, 35 films français se sont délocalisés en 2014 et dans les six premiers mois de 2015, ce sont 39 films qui sont partis se tourner à l’étranger ».

« Si la loi passe à l’Assemblée nationale, dans quelques semaines, ce sera un très grand jour pour le cinéma français. Un jour historique ! », estime le cinéaste qui a exprimé dans sa prose sur Facebook son sens de l'emphase auquel il nous a habitués dans ses films.