«Ni le ciel ni la Terre»: Cinq arguments qui sortent ce film de guerre de l'ordinaire

CINEMA Ce film de guerre tourné comme un conte fantastique plonge le spectateur dans les combats en Afghanistan...  

Caroline Vié

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Jérémie Rénier dans Ni le ciel, ni la terre
Jérémie Rénier dans Ni le ciel, ni la terre — Diaphana Films

Montré cette année à la Semaine de la Critique, Ni le ciel, ni la terre fait l’effet d’une véritable découverte. Pour son premier long-métrage, le jeune plasticien Clément Cogitore aborde la guerre en Afghanistan de façon très originale. 20 Minutes l’a rencontré pour qu’il commente les cinq raisons pour lesquelles son film est remarquable…

On y flirte avec le fantastique

Les soldats du film disparaissent de façon mystérieuse tandis que la population évoque d’étranges légendes qui pourraient expliquer ces faits.

« Ni le ciel ni la terre n’est pas à proprement parler un film de genre, explique Clément Cogitore. J’ai voulu jouer sur les changements de ton et renforcer l’isolement des soldats en modifiant l’atmosphère au cours du récit ».

Le réalisateur a d’excellentes références

Clément Cogitore a pensé à The Thing de John Carpenter ainsi qu’à l’œuvre du romancier Gabriel García Márquez pour écrire son scénario.

« Comme eux, j’ai voulu intégrer du surnaturel dans un univers réaliste. Parler du vrai monde tout en y ajoutant une dose de magie noire pour plonger dans une autre forme de réalité et jouer sur la perception du public. »

Les points de vue y sont différents

L’action est souvent vue par les yeux des héros. Visées thermiques ou infrarouges et jumelles renforcent l’impression anxiogène de partager leurs épreuves.

« Ce jeu sur la perception m’intéressait beaucoup parce que j’imagine qu’il peut correspondre à la réalité des combats tels que les vivent les soldats. Cette impression de ne plus savoir où on est, comme une plongée dans un trou noir. »

Il a capté le réel dans la fiction

Jérémie Rénier et Kevin Azaïs (césarisé cette année pour Les combattants de Thomas Cailley) ont été filmé sans savoir où se trouvait la caméra.

« Je viens de l’art contemporain et j’avais l’impression de perdre le réel en découpant mon film. Je travaillais donc ma mise en scène sur le vif, sans que les comédiens sachent jamais quand ils étaient dans le champ. »

Le film a été tourné dans des conditions extrêmes

Clément Gogitore n’a pas choisi la facilité. Il a emmené son équipe à 2.000 mètres d’altitude dans l’Atlas au Maroc pour un tournage épuisant.

« Cela a servi l’intensité du film, car nous en avons pas mal bavé. Nous souffrions à la fois des problèmes liés au désert et à la montagne : 45 degrés le jour et des températures négatives la nuit, sans compter la pluie et le racket ! »