Georgia Scalliet, tendre et violente découverte de «L’odeur de la mandarine»

CINEMA Georgia Scalliet éclaire cette histoire d'amour d'un charme pétillant face à Olivier Gourmet...

Caroline Vié

— 

Georgia Scalliet dans L'odeur de la mandarine
Georgia Scalliet dans L'odeur de la mandarine — Metropolitan Filmexport

Gilles Legrand a eu du nez au moment de choisir l’héroïne de L’Odeur de la mandarine. Pour son premier rôle au cinéma, Georgia Scalliet, pensionnaire de la Comédie-Française depuis 2009, dévore l’écran à grosses bouchées dans la peau d’une jeune veuve de guerre épousant un riche mutilé dans l’espoir d’assurer l’avenir de sa fillette. « C’est une femme en avance sur son époque, explique l’actrice à 20 Minutes. Elle a une personnalité forte doublée d’une certaine naïveté car elle a peu vécu. »

Une mandarine juste assez mûre

C’est après avoir vu Georgia Scalliet sur scène dans Le Misanthrope que le réalisateur de Tu seras mon fils (2011) a désigné la comédienne pour ce rôle d’infirmière passionnée peinant à accepter un mariage de raison face à Olivier Gourmet, comme toujours impeccable en vétéran blessé de la Première Guerre mondiale. « Gilles Legrand ne voulait pas quelqu’un de trop jeune face à Olivier, précise Georgia Scalliet. Il fallait que mon personnage soit crédible en maman. » La comédienne est bien davantage que crédible. Elle est éblouissante quand son personnage tient tête à un époux qu’elle apprend à apprécier tout en se découvrant une passion pour l’équitation.

La découverte du cinéma

Avant de s’essayer au 7e Art, Georgia Scalliet avait été dirigée par Valeria Bruni-Tedeschi dans une version des Trois sœurs de Tchekhov diffusée en septembre sur Arte. « Etre mise en scène par une actrice était une expérience passionnante parce qu’elle vous comprend à fond », insiste-t-elle. La découverte du cinéma l’a séduite. « La seule que j’ai trouvée un peu frustrante était de devoir parfois arrêter une scène alors que j’aurais aimé l’améliorer. Au théâtre, on peut peaufiner son rôle au fil des jours. » L’actrice peut se rassurer : la puissance de sa prestation est l’un des points forts d’un film sensible.

De retour sur scène

« Que l’on soit sur scène ou sur un plateau de cinéma, le travail est le même, insiste la comédienne, mais je suis ravie d’avoir essayé ce nouveau médium avec Gilles Legrand, un cinéaste très intuitif et Olivier Gourmet dont j’admire le travail depuis longtemps. » En attendant les propositions cinématographiques que ne manquera pas de lui apporter L’odeur de la mandarine, Georgia Scalliet remontera sur la scène de la Comédie-Française début 2016 pour incarner la tragique Junie de Britannicus face à une Agrippine campée par Dominique Blanc.