«Les deux amis»: Louis Garrel et Vincent Macaigne bousculent leur image de séducteurs bobos

CINEMA Dans ce premier long-métrage drôlement tendre, « les deux amis » luttent pour les beaux yeux de Golshifteh Farahani…  

Caroline Vié

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Louis Garrel, Golshifteh Farahani et Vincent Macaigne dans Les deux amis
Louis Garrel, Golshifteh Farahani et Vincent Macaigne dans Les deux amis — Ad Vitam

Le moins que l’on puisse dire est que Louis Garrel a le sens de l’autodérision. « Je suis conscient que bien des gens pensent que j’ai un côté ténébreux voire chiant et snob. Beaucoup s’imaginaient que je tournerai mon premier film dans un décor parisien comme Le Flore », explique-t-il à 20 minutes. Les deux amis, découvert à la Semaine de la Critique de Cannes, devrait lui permettre de balayer cette image de bobo au regard sombre. Cette histoire d’amour et de camaraderie a une saveur de comédie Italienne.

Amis à la ville comme à l’écran

Louis Garrel et Vincent Macaigne, le duo du titre, y jouent un couple de potes qui se disputent les attentions d’une jeune femme dissimulant un lourd secret (Golshifteh Farhani toujours aussi lumineuse). « Le fait que nous nous connaissions dans la vie a été un atout non négligeable car je pouvais consulter Vincent au fur et à mesure de l’écriture », explique Garrel a mis deux ans à peaufiner ces personnages : celui du « ténébreux » et du « relou » tout en étoffant la psychologie de son héroïne. « Il y a un peu de nous dans chacun d’entre eux », admet Vincent Macaigne.

Des sex-symbols à la française

Quand on leur dit qu’ils sont fort appréciés par la gent féminine, les deux amis semblent perplexes. « J’admets qu’il m’arrive de me regarder dans la glace, mais je ne me trouve pas sexy. Cela me surprend toujours quand on me dit que je représente une certaine forme de séduction à la française », commente Louis Garrel. Vincent Macaigne s’amuse franchement à cette idée. « En fait, j’ai une véritable crinière au naturel. J’entretiens ma calvitie quotidiennement à la pince à épiler », plaisante-t-il en désignant son crâne dégarni. Cet humour basé sur l’autodérision constitue le charme majeur de ces Deux amis.

Gravement drôle et drôlement grave

Les échanges du duo et de leur partenaire font souvent sourire avant de déboucher sur une réflexion aigre-douce sur la loyauté et l’amitié. Quelques très belles scènes notamment une séquence de tournage de film où les héros se déchirent au milieu des figurants prouvent que Louis Garrel a un sacré talent de cinéaste. « J’ai souhaité montrer des lieux vivants comme la Gare du Nord et c’est pour cela que j’ai multiplié les décors », insiste Garrel qui gagne son pari, celui de livrer une œuvre sensible et attachante.