Iran: Le réalisateur et le compositeur de « Mahomet, le Messager de Dieu » visés par une fatwa

SOCIETE Le compositeur Allah Rakha Rahman vient de réagir avec humour sur sa page Facebook...

Marion Pignot

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Le compositeur Allah Rakha Rahman, auteur de la musique de
Le compositeur Allah Rakha Rahman, auteur de la musique de — Jorge Herrera/AP/SIPA

Polémique en Iran. La sortie au cinéma de Mahomet, le Messager de Dieu fin août n’est pas du goût de tout le monde. Opposée à la représentation figurée de Mahomet, une organisation sunnite basée à Mumbai a donc lancé une fatwa contre l’équipe du film, plus gros budget de l’histoire du cinéma iranien (34 millions d’euros).

Selon The Inquirer, le réalisateur Majid Majidi et le compositeur Allah Rakha Rahman, également auteur de la musique de Slumdog Millionnaire, le film aux huit Oscars, sont visés.

VIDEO. « Mahomet », une superproduction qui veut redorer l’image de l’islam

« En tant que musulmans nous devons réagir lorsque quelque chose va à l’encontre de notre religion. Ainsi, demain, si et quand nous nous retrouverons face à Allah, il ne pourra pas nous dire que nous n’avons rien fait pour mettre un terme à ce que se passe ». C’est en ces termes repris sur HuffingtonPost.fr que Mohammed Saeed Noori, secrétaire fondateur de l’Académie Raza, a exprimé son opposition à Mahomet, le Messager de Dieu, sorti dans 140 salles en Iran.

Montrer la personnalité tolérante et non-violente de Mahomet

Un fatwa qui serait passée inaperçue si, cette semaine, sur sa page Facebook, Allah Rakha Rahman n’avait choisi de répondre directement à ces attaques : « Ma décision de composer la musique de ce film a été prise en toute bonne foi et sans volonté d’offenser qui que ce soit. En fait, cette décision prend appui sur un point de vue similaire à celui exprimé par M. Noori. Si j’ai la chance de me retrouver un jour face à Allah, que devrais-je répondre s’il me demande, le jour du Jugement : "Je t’ai donné la foi, l’argent, le talent, la gloire et la santé. Pourquoi n’as-tu pas fait la musique de mon bien-aimé film Mahomet ?" »

De l’aveu même de son réalisateur, le film veut en effet « montrer la personnalité tolérante et non-violente de Mahomet », dont on ne voit par ailleurs jamais le visage mais seulement la silhouette. Ce qui n’a pas empêché Ahmed Al-Tayeb, le grand mufti de l’université al-Azhar (Le Caire) et l’une des plus hautes autorités de l’islam sunnite, de critiquer la démarche du cinéaste et du compositeur.

Suite à sa réponse à ces critiques, Allah Rakha Rahman a néanmoins pu compter sur un solide soutien des internautes via les réseaux sociaux. Et le film est un succès en Iran.