«Le Prodige» préserve tout le suspense d'une partie d'échecs historique

CINEMA Ce thriller intimiste signé Edward Zwick traite de la Guerre froide par le prisme de la partie d'échecs qui opposa Bobby Fischer à Boris Spassky...

Caroline Vié

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Tobey Maguire dans La Prodige
Tobey Maguire dans La Prodige — MetropolitanFimexport

Depuis qu’Ingmar Bergman a fait jouer la Mort aux échecs dans la fable philosophique Le Septième Sceau (1957), le 7e Art s’est emparé de ce jeu avec délices. Le Prodige d’Edward Zwick, présenté au Festival de Deauville, est le dernier en date des films à se pencher sur l’importance de ses affrontements que le réalisateur de Glory (1989) aborde comme un suspense guerrier.

L’excellent Tobey Maguire, qui fut Spider-Man pour Sam Raimi jusqu’en 2007, incarne le champion d’échecs américain Bobby Fischer (1943-2008) que l’on voit ici disputer un match historique contre le Soviétique Boris Spassky interprété par Liev Schrieber.

D'autres échecs à l'écran

Zwick n’est pas le premier à opposer les deux superpuissances autour d’un échiquier. Avant lui, Richard Dembo dans La Diagonale du fou (1984) avait orchestré un duel entre un Russe et un dissident tandis que le documentaire Bobby Fischer Against the World (2010) levait le voile sur la vie de la légende des échecs.

Filmé comme un combat

Fan des échecs depuis l’enfance, Edward Zwick a longtemps rêvé de porter à l’écran ce match qui s’est déroulé en 1972 en plein cœur de la Guerre froide. Loin de livrer un film statique, il filme le jeu comme un combat dont les soldats auraient été remplacés par des pions et en profite pour livrer un portrait fascinant de Fischer, génie sombrant doucement dans la folie. S’appuyant sur ses deux comédiens épatants, il fait monter la pression autour d’un héros fragile qui finira par sacrifier sa santé mentale pour battre son adversaire.