Stephen Frears : «Lance Armstrong ne savait plus comment se dépêtrer de ses bobards»

CINEMA « The Program » est un film passionnant sur l’un des plus grands mensonges de l’histoire du sport moderne…

Caroline Vié

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Ben Foster dans la peau de Lance Armstrong pour The Program de Stephen Frears
Ben Foster dans la peau de Lance Armstrong pour The Program de Stephen Frears — StudioCanal

Stephen Frears ne connaissait pas grand-chose sur le cycliste déchu Lance Armstrong avant de se lancer dans la réalisation de The Program. « J’aime commencer un film dans le même état d’esprit qu’un spectateur lambda qui ne connaît rien au sujet, explique-t-il à 20 Minutes. Cela me permet d’aborder ce dont je parle sans a priori. »

Une intrigue de film criminel

The Program n’est pas un biopic de Lance Armstrong. Ce film passionnant est centré sur le dopage et sur la spirale du mensonge dans laquelle le champion s’est laissé entraîner. « C’est un peu comme le gouvernement américain pendant la guerre en Irak, réfléchit Frears. Il a été pris à son propre piège et ne savait plus comment se dépêtrer de ses bobards. » Le réalisateur de The Queen (2006) a abordé l’intrigue comme un film criminel. « Je trouvais intéressant de montrer à quel point Armstrong vit dans le déni alors que la vérité ne peut qu’être dévoilée. Il est comme un criminel refusant d’avouer alors qu’on lui présente des preuves irréfutables de sa culpabilité. »

L’arrogance comme moteur

La personnalité du cycliste a fasciné le réalisateur. « Il se conduit de façon très arrogante parce qu’il sait que son sport a besoin d’une star et qu’il incarne le rêve américain. Il se croit intouchable ce qui rend sa chute d’autant plus douloureuse. »

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Son portrait du coureur laisse une grande place aux nuances. « J’espère avoir décrit Armstrong de façon équitable et pas comme un salaud. C’est un homme complexe, brillamment intelligent mais capable de se conduire comme un parfait idiot quand il se sent menacé. » La dualité du champion apparaît de façon claire quand on le voit au chevet d’un enfant malade puis menacer un concurrent qui a trop parlé à la presse…