Luc Besson déplore le système des crédits d’impôt qui l'empêche de tourner en France

ÉCONOMIE Le réalisateur envisage de tourner « Valerian » en Hongrie pour des raisons financières…

C.W.

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Le réalisateur Luc Besson à Pékin en avril 2015
Le réalisateur Luc Besson à Pékin en avril 2015 — CHINE NOUVELLE/SIPA

Résident fiscal aux États-Unis, et peut-être réalisateur en Hongrie. Sur RTL ce lundi, Luc Besson a fait part de ses craintes vis-à-vis de son prochain film Valerian et la Ville aux Mille Planètes. A cause du système des crédits d’impôt en France, le réalisateur pourrait se tourner vers la Hongrie pour produire ce blockbuster, le plus cher de l’histoire du cinéma européen, avec un budget de 170 millions d’euros prévu environ.

« J’aimerais vraiment le faire en France »

Luc Besson a passé un léger coup de gueule. Comme il l’a expliqué au micro d’RTL, un « trou juridique » pourrait le forcer à tourner Valerian en Hongrie, malgré le fait qu’il « aimerait vraiment le faire en France ». « Il y a un tout petit problème : les crédits d’impôt. En France, ils sont pour les films français de 20 % et de 30 % pour les étrangers. Mais je suis un film français en langue anglaise, donc j’ai droit à 0 % en tant que film français. En tant que film étranger, j’ai droit à 0 % car le producteur est français. Je suis dans un trou juridique », a expliqué le réalisateur.

La Hongrie lui permettrait de boucler son budget

S’il se tournait vers la Hongrie, Luc Besson obtiendrait là-bas un crédit d’impôt d’environ 35 % à 40 %, « une différence de 15 à 20 millions d’euros », estime-t-il. Une alternative que le réalisateur envisage à contrecœur. « Ça me met les boules. Je n’ai absolument pas envie d’aller tourner en Hongrie, confie-t-il. J’ai envie de tourner dans mon pays avec les techniciens français. Il y a à peu près 1.000 emplois à pourvoir et je n’ai pas envie de les donner à l’étranger. Mais je ne peux pas faire le film si je n’ai pas de crédit d’impôt. C’est juste pas possible matériellement ». L’Etat français sera-t-il sensible aux arguments de Luc Besson ?

Pas de cas particulier pour Luc Besson

Sur RTL ce mardi, Fleur Pellerin a affirmé qu’elle « ne faisait pas de réglementation ou de législation pour des cas particuliers », en réponse à Luc Besson. « Moi je n’adapte pas les dispositifs pour les cas précis », a expliqué la ministre de la Culture, « mais je crée un cadre pour rendre attractif le territoire pour les films français ». Toutefois, si Fleur Pellerin a précisé qu’elle ne ferait pas de cas par cas, elle a précisé que ce serait un plaisir d’accueillir Luc Besson et Valerian : « Je continue à travailler pour rendre ces dispositifs encore plus attractifs et je serais évidemment ravie si (…) la valeur ajoutée que créerait le tournage de ce film en France pouvait bénéficier à notre territoire plutôt qu’à celui de nos voisins ».