«Antigang»: Comment réussir un film avec Jean Reno

CINEMA Jean Reno est de retour dans un polar nerveux de Benjamin Rocher qui lui fait partager la vedette avec Caterina Murino et Alban Lenoir…

Caroline Vié

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Jean Reno et Alban Lenoir dans Antigang de Benjamin Rocher
Jean Reno et Alban Lenoir dans Antigang de Benjamin Rocher — SND

Benjamin Rocher a toujours eu Jean Reno en tête pour Antigang. Ce polar très rythmé est centré sur un vieux flic tentant de coincer des braqueurs dans un jeu de gendarmes et de voleurs dont les règles lui sont devenues étrangères. Le réalisateur du premier volet du diptyque Goal of the Dead (2014) a parlé des quatre étapes son travail avec l’acteur à 20 Minutes

Etape 1 : Convaincre le comédien de participer au projet

Le jeune cinéaste, fan de cinéma de genre, a grandi en voyant Jean Reno dans ses grands rôles comme Léon (1994) de Luc Besson ou Mission : Impossible (1996) de Brian De Palma.

« Je lui ai dit que je souhaitais faire un film lumineux et moderne et qu’il apporterait son bagage d’icône du cinéma d’action des années 1990 dans l’entreprise. Cette approche lui a beaucoup plu et il a dit oui tout de suite. »

Etape 2 : Faire se rencontrer la réalité et la fiction

Il y avait un bon moment que Jean Reno n’avait pas tenu la vedette d’un film policier bien mené. Il trouve sa place entre l’ex James Bond Girl Caterina Murino et Alban Lenoir, représentants de la nouvelle génération.

« Comme son personnage dans Antigang, Jean est projeté dans l’univers d’un polar d’aujourd’hui. Il montre qu’il en a encore sous le capot bien que ses méthodes semblent peu orthodoxes de prime abord. »

Etape 3 : Réussir à diriger un acteur mythique

Il n’est pas évident pour un réalisateur peu expérimenté de se retrouver face à un grand bonhomme comme Jean Reno. Benjamin Rocher ne s’est pas laissé intimider et a vite compris comment mettre le comédien à l’aise.

« Avec Jean, c’est avant le tournage que vous devez discuter du film que vous allez faire ensemble. C’est en amont qu’il faut lui décrire la couleur que vous souhaitez lui voir donner à son interprétation afin d’être sur la même longueur d’ondes. »

Etape 4 : Attendre qu’il vous donne le meilleur de lui-même

Une fois que Jean Reno est impliqué à fond, il se lance dans l’aventure comme une machine de guerre et ne ménage pas sa peine sans avoir besoin de directives précises du réalisateur.

« Lors d’une séquence où il devait être très ému, il m’a donné trois prises de différente intensité. J’en avais les poils dressés sur les bras tant j’ai été bluffé par son instinct et sa puissance de jeu. »

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