«Haramiste»: Quand deux jeunes Musulmanes s'expriment en toute liberté sur la sexualité

CINEMA Ce moyen-métrage drôle et pertinent évoque le point de vue de deux filles d'aujourd'hui...

Caroline Vié

— 

Haramiste d'Antoine Desrosières
Haramiste d'Antoine Desrosières — Les films de l'autre

Avec Haramiste qui sort en salles et en VOD après avoir été diffusé sur Arte, Antoine Desrosières n’a pas eu la prétention de parler de toutes les jeunes filles musulmanes. Il brosse le portrait de deux sœurs, l’une voilée, l’autre pas, évoquant des thèmes aussi variés que la sexualité, les réseaux sociaux et la religion avec un franc-parler réjouissant.

Des jeunes filles ordinaires

« Ce ne sont pas des militantes, mais des jeunes filles ordinaires tentant de se dépatouiller entre contraintes culturelles et désirs de leur âge », explique le réalisateur d’A la belle étoile (1993) et Banqueroute (1999). Antoine Desrosières a rencontré environ quatre cents comédiennes aspirantes avant de mettre la main sur son duo. « Il n’y avait qu’un cahier des charges : être des grandes gueules qui abordent ces questions de façon joyeuse », dit-il. Toutes deux nées en 1995, Inas Chanti (étudiante en droit) et Souad Arsane (employée dans un fast-food) ont été dénichées dans la rue et sur annonce.

Des répliques qui tuent

Quand on les voit si naturelles devant la caméra, il est difficile d’imaginer que les demoiselles font leurs débuts devant la caméra. « Je les ai fait réagir sur diverses situations en leur demandant d’aller le plus loin et elles sont créditées au générique comme coscénaristes », dit-il. Parmi les répliques savoureuses qui font mouche : « Il faut tomber sur un gars qui soit assez pas con pour ne pas exiger qu’on soit vierge et assez pas con pour ne pas prévenir la famille »… Elles témoignent du talent d’Antoine Desrosières pour tirer le meilleur parti de jeunes femmes craquantes de fraîcheur.