Suites et reboots : Le carton des franchises au cinéma

CINEMA « Jurassic World », « Mad Max », « Ghostbusters », les spectateurs raffolent des séries et des suites au ciné...

Clio Weickert

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Affiche de «Jurassic World»
Affiche de «Jurassic World» — Universal Pictures

En salles depuis une semaine seulement, Jurassic World s’annonce déjà comme le carton de l’année. Le film a même établi le record d’un demi-milliard de dollars de recette mondiale pour le premier week-end de sa sortie. Et ce n’est pas le seul. Mad Max, Ghostbuster, Terminator… Les suites et reboots se multiplient comme des petits pains, et le public en est friand. Mais comment expliquer le succès de ces franchises vintage ?

Du nanar au carton

« Il y a 20 ou 30 ans, la suite était considérée comme une sorte de sous-film. Quand on arrivait aux Dents de la mer 3-4, ça commençait à sentir le roussi et le public se désintéressait », explique Stéphane Rethore, directeur marketing chez Universal Pictures, producteur et distributeur de Jurassic World.

Selon lui, le phénomène des séries au ciné est récent, et l’exemple le plus frappant, c’est Fast and Furious : « Il a été produit à Los Angeles et n’était pas censé devenir un grand film. En changeant de casting, le 3e a connu l’essoufflement habituel des suites. Mais quand le cast initial est revenu en 2009, Vin Diesel, Paul Walker etc., c’est reparti et depuis on n’arrête pas de gagner en box-office. »

Attachement et valeur sûre

Ce succès, Stéphane Rethore l’explique par l’habitude de fidélisation à un programme prise par le public (la série télé par exemple), mais surtout l’attachement à une bande d’acteurs et à un univers. Chaque volet devient alors un « rendez-vous » attendu avec hâte. Une suite est aussi liée à une sécurité dans l’esprit du public. « A 10 euros la place, les spectateurs en veulent pour leur argent », précise le directeur marketing. « S’ils ont aimé une franchise comme Jurassic Park, ils iront facilement voir un nouvel opus car ils savent ce qui les attend. »

De 7 à 77 ans

Autre facteur de réussite, le concept. Pour Jurassic World, « la star c’est le dinosaure », selon Stéphane Rethore, « une créature qui fascinait autant dans les années 1990 qu’aujourd’hui ». Et ce qui en fait un carton, c’est le large public qu’il attire. Les grands, ceux qui ont vu les premiers volets en 1993 et 1997, sont nostalgiques et curieux de redécouvrir les dinosaures plus vrais que nature grâce aux nouvelles technologies cinématographiques. Et les petits ne sont pas en reste.

Face à cette démonstration d’effets spéciaux, « la nouvelle génération en prend aussi plein les yeux », explique le directeur marketing. « Comme il ne s’agit ni d’une véritable suite, ni d’un reboot, chacun y trouve son compte, de 7 à 77 ans », ajoute-t-il. Valeur sûre, nostalgie et sensation forte, le cocktail réussi d’une franchise phénomène.