Comment Gérard Depardieu s'est imposé comme «le noyau dur» de «Valley of Love»

CINEMA Guillaume Nicloux parle à « 20Minutes » de son film « Valley of Love » et de ses acteurs Isabelle Huppert et Gérard Depardieu…

Caroline Vié
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Gérard Depardieu et Isabelle Huppert dans Valley of Love de Guillaume Nicloux
Gérard Depardieu et Isabelle Huppert dans Valley of Love de Guillaume Nicloux — La Pacte

Guillaume Nicloux réunit Gérard Depardieu et Isabelle Huppert, le couple mythique de Loulou (Maurice Pialat, 1980) dans Valley of Love. Mais ce n’est pas sa cinéphilie qui a poussé le réalisateur de Cette femme-là (2003) et de La Religieuse (2013) a évoquer ces parents divorcés qui partent pour un voyage initiatique dans la Vallée de la mort à la demande posthume de leur grand fils suicidé.



Un projet très personnel

S’il refuse d’entrer dans les détails, Guillaume Nicloux ne cache pas que le film lui a été inspiré par une expérience personnelle très marquante qu’il compare à un « rêve éveillé » alors qu’il découvrait l’un des canyons de la Vallée de la mort. De ce choc est née l’envie de faire un film plus intime que ses œuvres précédentes. « J’ai décidé de ne plus me dissimuler derrière le cinéma de genre pour explorer les relations humaines de mes personnages », déclare-t-il. Si Isabelle Huppert a tout de suite fait partie du projet, Gérard Depardieu est arrivé plus tard, après la défection d’un acteur américain.



Rencontre à Cannes autour du film avec Isabelle Huppert et Gérard Depardieu

Gérard Depardieu au cœur du film

« Il m’a fallu une véritable introspection pour m’apercevoir qu’il correspondait de façon puissante à ce que j’avais vécu là-bas. Gérard est le noyau dur du film », précise Guillaume Nicloux. Il est impossible de ne pas penser à Guillaume, le fils du comédien décédé en 2008 à l’âge de 37 ans. La douleur diffuse des héros de Valley of Love renvoie à cet événement tragique tandis qu’ils espèrent que leur enfant mort se manifestera à eux. « J’ai voulu me montrer sincère avec moi-même et avec l’histoire que je racontais », dit le cinéaste. C’est de là que vient la force d’un film fragile et émouvant.