«Contes italiens» : Aucun cinéaste italien n'est prophète en Italie, pas même les frères Taviani

CINEMA Comme tous leurs confrères, les vétérans du cinéma transalpins ont de plus en plus de mal à tourner en Italie. Ils ont quand même réussi à donner vie à leurs «Contes italiens», fort heureusement... 

Caroline Vié

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Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani
Contes italiens de Paolo et Vittorio Taviani — Bellissima Fims

Paolo et Vittorio Taviani sont davantage que de grands cinéastes. Âgés respectivement de 85 et 83 printemps, les frères sont devenus de véritables institutions du cinéma international. Et pourtant, ils ont eu grand peine à donner vie à leurs Contes italiens, librement inspirés du Décaméron de Boccace.

Une lutte pour la survie

« On pourrait croise que nos noms suffisent pour trouver du financement pour un film explique Paolo Taviani, mais bien que nous soyons connus, nous sommes constamment obligés de réduire les coûts pour pouvoir exister. Un film comme Contes italiens pourrait pourtant plaire au grand public. »

L’histoire de ces jeunes gens qui s’enferment pour échapper à la peste et se racontent des histoires tragiques ou drôles ne manque pourtant pas de charme. « Même les cinéphiles italiens ne défendent plus le cinéma de leur pays, soupire Vittorio. Aujourd’hui, un film comme Padre Padrone, Palme d’or à Cannes en 1977, n’attirerait plus grand monde dans les salles ».

Les frères Taviani cette année à Cannes, c’est ici

Une lueur d’espoir ?

Mais comment expliquer cette désaffection ? « Les consommateurs de cinéma sont majoritairement jeunes et les gamins, encouragés par une politique culturelle désastreuse dans notre pays, n’ont pas envie de voir des films italiens », dit Paolo. La sélection cannoise prouvait pourtant le dynamisme du cinéma transalpin avec les œuvres de Paolo Sorrentino, Matteo Garone et Nanni Moretti

« Ces réalisateurs sont des stars dans les festivals, insiste Vittorio. Pour les autres, la vie est plus dure et le nombre de longs-métrages produits baisse chaque année. » Les Taviani, prêts au combat, sont déterminés à lancer un nouveau projet. Encourageons-les en allant découvrir leurs contes : ils sont bons.