«Loin de la foule déchaînée»: Thomas Vinterberg a-t-il lui aussi vendu son âme à Hollywood?

CINEMA Le réalisateur danois de «La Chasse» n'est pas le premier cinéaste européen à se laisser tenter par les sirènes d'Hollywood. Sa fresque est somptueuse, mais on peine à reconnaître sa patte...

Caroline Vié

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Carey Mulligan dans Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg
Carey Mulligan dans Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg — 20th Century Fox

Loin de la foule déchaînée raconte les amours contrariées d’une propriétaire terrienne dans l’Angleterre victorienne mais marque surtout les débuts hollywoodiens du réalisateur de La Chasse (2012) et de Festen (1998). Il n’a pas été le premier. 20 Minutes a recensé trois autres exemples récents, plus ou moins mémorables…

Thomas Vinterberg au pays des belles images

Carey Mulligan, propriétaire terrienne solitaire, doit gérer son domaine et ses affaires de cœur dans Loin de la foule déchaînée. Même si l’homme idéal est joué par Matthias Schoenaerts, on peine à reconnaître la patte de Thomas Vinterberg dans cette adaptation d’un classique de la littérature britannique très roudoudou les belles images. Comme si sa gniaque habituelle avait été étouffée sous les costumes et les draperies.

Mathieu Kassovitz au pays des polars nébuleux

Aller à Hollywood pour diriger la sculpturale Halle Berry dans Gothika (2003) était peut-être une bonne idée sur le papier. Nettement moins à l’écran où ce polar embrouillé autour d’une psychiatre accusée de meurtre perd le spectateur en route. On se demande encore ce que le réalisateur de La Haine (1995) était allé faire dans cette galère…

Florian Henckel von Donnersmark au pays des stars capricieuses

On ne voit vraiment pas comment le réalisateur du génial La vie des autres (2007) peut-il être aussi celui du piteux The Tourist (2010) avec le duo Angelina Jolie/Johnny Depp. Pour réaliser ce polar romantique à deux sous autour de deux escrocs, le cinéaste s’est laissé écraser par des stars empressées d’asseoir leur autorité une fois le contrat signé.

Michael Haneke au pays des images copiées-collées

Le réalisateur d’Amour (2012) a trouvé le truc pour qu’on le reconnaisse coûte que coûte ! Funny Games U.S. (2008) est un remake au plan près mais avec des acteurs américains de son film réalisé en Autriche en 1997. Naomi Watts et Tim Roth s’y font malmener par deux sadiques qui massacrent leur famille. L’intérêt de l’entreprise est contestable mais le film est quand même diablement efficace.