«Un Français»: Qu'y a t-il exactement dans le film qui fait polémique?

CINEMA «Un Français», chronique signée Diastème, brosse le portrait d'un skinhead d'extrême droite qui décide de changer de vie...

Caroline Vié

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Alban Lenoir dans Un Français
Alban Lenoir dans Un Français — Mars Films

Depuis quelques jours, la polémique fait rage. Le réalisateur Diastème accuse les exploitants de salles d’annuler des avant-premières de son film Un Français (sortie le 10 juin) et d’avoir réduit la voilure de cent à soixante cinémas pour le distribuer. 20 Minutes  raconte ce qu’il y a dans le film avant que les spectateurs puissent se faire leur propre idée.

Les raisons de la polémique

Cette chronique d’un skinhead d’extrême droite qui passe de l’ultra violence à la rédemption sur une période de trente années ferait peur aux programmateurs craignant que certaines réactions haineuses sur les réseaux sociaux ne débordent dans les cinémas. Le cinéaste s'est rasséréné depuis que des avant-premières ont été organisées dans diverses villes.

Une première partie ultraviolente

Dans la première partie du film, le skinhead incarné par l’excellent Alban Lenoir, terrifiant tant il est habité par son rôle, crache sa haine avec sa bande. Il casse des gueules, intimide des innocents qu’il trouve trop basanés, se tape dessus avec d’autres skins, se prend un bon coup de couteau et flirte avec la petite amie de son meilleur pote, incarnée par Jeanne Rosa (une vraie révélation).

Diastème, le réalisateur d'« Un Français », répond à la polémique

Une seconde partie plus calme

Dans la seconde moitié, le héros comprend que ses petits copains vont vraiment trop loin. Il y a des morts, des infirmes, des blessés. De quoi faire réfléchir, même cet individu bas du front national qui délaisse ses anciens amis pour commencer à défendre des valeurs plus humanistes. Il paye cher sa nouvelle vie car ces anciens potes (ceux qui ne sont ni morts, ni derrière les barreaux) ne le calculent plus.

Alors dangereux ou pas?

A moins de trouver que faire boire de la soude caustique à un monsieur africain est festif, il est difficile de ne pas adhérer aux valeurs défendues par le film de Diastème. Un Français n’est pas toujours très subtil dans sa démonstration, mais le film prône le «vivre ensemble» sans haine et sans jugement trop tranché. Il semblerait que les messages haineux émanent comme souvent de personnes qui n’ont pas vu le film qui aura gagné en notoriété grâce à leurs réactions.