«Los Hongos»: la Colombie revient en force dans les salles

CINEMA «Los Hongos» marque un renouveau du cinéma colombien qui s'est confirmé au Festival de Cannes...

Caroline Vié

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Los Hongos
Los Hongos — Arizona Films

On connaît mal le cinéma colombien et Los Hongos, chronique entre documentaire et fiction permet de réparer cette lacune. Oscar Ruiz Navia y transporte le spectateur à Cali, sa ville natale sur les traces de deux jeunes graffeurs avides de liberté.

 

Deux garçons plein d’avenir

Ce film gorgé d’énergie fait un pied de nez à ceux qui ne voyaient la Colombie que comme un repaire de narctrafiquants. Les deux héros de Los Hongos (« Les Champignons ») sont des garçons ordinaires. L’un est étudiant en art, l’autre est ouvrier. Tous deux s’expriment sur les murs de la cité en voulant dessiner un superbe mural, hommage aux femmes du printemps arabe. Tranches de vies et tableau d’une ville en pleine mutation, Los Hongos emporte le spectateur au cœur d’un pays dont la jeunesse rêve d’un avenir meilleur qu’elle peine à construire.

Colombie sur Croisette

Si Los Hongos séduit par sa fraîcheur et sa liberté de ton, le long-métrage d’Oscar Ruiz Navia ouvre la brèche à plusieurs films passionnants dont deux furent très remarqués au récent Festival de Cannes. La Tierra y la sombra de Cesar Augusto Acevedo a remporté la Caméro d’or et deux prix à la Semaine de la critique qui l’a révélé. On y découvre la Colombie rurale par les yeux d’un villageois retournant régler des soucis familiaux après des années d’absence. Récompensé par la Quinzaine des réalisateurs, El Abrazo de la serpiente de Ciro Guerra témoigne aussi de la vitalité du cinéma colombien en entraînant un botaniste et un chamane dans la jungle à la recherche d’une plante mystérieuse.