Festival de Cannes: Pourquoi les trois prix français sont une chance pour l'avenir de notre cinéma

CINEMA Les trois prix français reçus au Festival de Cannes auront des répercussions sur toute la production de notre pays...

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

— 

L'équipe de Dheepan à Cannes
L'équipe de Dheepan à Cannes — BORDE-MOREAU / BESTIMAGE

Nul, notre cinéma ? A voir. Avec une Palme d’or pour Dheepan de Jacques Audiard, un prix d’interprétation pour Emmanuelle Bercot (Mon roi de Maïwenn) et un autre pour Vincent Lindon (La Loi du marché de Stéphane Brizé) : ce ne sont pas moins de trois récompenses que les films français ont récoltées pour cette 68e édition du Festival de Cannes. Une preuve, sinon de qualité, du moins de reconnaissance. Et une chance pour toutes nos productions à venir.

Une répercussion internationale

« Avec les Oscars, la Palme d’or est sans doute le seul prix à avoir une répercussion qui assure la distribution du film concerné dans le monde entier », explique Gilles Renouard, directeur général adjoint d’Unifrance Films, organisme qui promeut le cinéma français à l’étranger. La Vie d’Adèle, Palme d’or en 2013, a doublé ses chiffres au box-office grâce à sa sortie internationale. « A l’étranger, le prix d’interprétation est aussi appelé Palme de l’acteur ou de l’actrice, précise Christophe Rossignon, producteur de La Loi du marché. Cette récompense va donc avoir un impact pour le film, mais aussi pour la suite des carrières de Vincent Lindon et de Stéphane Brizé. »

>> Le Palmarès du Festival, c’est ici.

Des effets auprès du public français

« Notre film est déjà en salle et ce prix va donner encore davantage envie au public de le découvrir et de voir le travail que fait Vincent Lindon. C’est un cadeau du ciel car il peut satisfaire ce désir immédiatement alors que les autres films primés ne sortent pas tout de suite ! », s’enthousiasme Christophe Rossignon. Le fait que le film ait été récompensé par un jury international pèse aussi dans la balance. « Notre côté franco-français fait qu’on oublie souvent les réactions des autres pays du monde, explique Gilles Renouard. Cette sélection cannoise 2015, souvent décriée par la presse française, a trouvé grâce auprès d'un jury majoritairement étranger et ça, c’est très important car on ne peut pas parler d’autocongratulation. »

>> Le portrait de Vincent Lindon, c’est là.

Un effet boule de neige

« Pour continuer à exister dans sa liberté et sa diversité, il faut que le cinéma français brille, qu’il rapporte des prix et fasse des entrées », insiste Christophe Rossignon. Et le succès d’un film comme ses récompenses entraîne les autres dans son sillage en provoquant un phénomène de curiosité généralisée. « Le triomphe d’Intouchables à l’étranger a bénéficié à Qu’est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?, explique Gilles Renouard car les distributeurs internationaux se sont alors intéressés aux comédies françaises. » Dheepan, La loi du marché et Mon roi provoqueront-ils pareil engouement ? Possible. En attendant, Christophe Rossignon commente : « Aujourd’hui, c’est cocorico ! » On n’aurait pas dit mieux.

>> Maïwenn parle de Mon roi.