Festival de Cannes: Vincent Lindon, un honnête homme du cinéma français

CINEMA Couronné dimanche à Cannes, Vincent Lindon voit ainsi récompensée une performance exceptionnelle dans «La loi du marché»...

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Vincent Lindon dans La loi du marché de Stéphane Brizé
Vincent Lindon dans La loi du marché de Stéphane Brizé — Nord-Ouest Films - Arte France Cinéma /Diaphana

Il l’a dit lui-même dans ces remerciements lors de la clôture du Festival de Cannes, Vincent Lindon a reçu le premier prix de sa carrière ce dimanche soir pour La loi du marché de Stéphane Brizé, toujours visible dans les salles. Au milieu d’acteurs non professionnels, il y incarne un chômeur de longue durée qui finit par trouver du travail comme agent de sécurité après une longue recherche d’emploi.

Ce que pense de lui Stéphane Brizé, réalisateur de La loi du marché, c’est ici

Un acteur exigeant

Il exagère un peu Vincent, mais c’est par modestie. Reparti cinq fois bredouille des César, il avait déjà reçu le prix Jean Gabin (rebaptisé depuis prix Patrick Dewære) en 1989, le prix du Festival de Sarlat avec Pour elle (2008), polar de Fred Cavayé où il fait évader Diane Kruger de prison et le Swann dor du Festival de Cabourg pour La Moustache (2005), fable métaphysique d’Emmanuel Carrère témoignant de l’exigence de l’acteur dans le choix de ses rôles.

Sa réaction en conférence de presse après avoir reçu son prix : « Je fais du cinéma pour que je sois vous et que vous soyez moi »

Un acteur engagé

Le monde actuel et sa brutalité lui inspirent des performances habitées chez des réalisateurs auxquels il se montre fidèle. Philippe Lioret qui lui confie un rôle de maître-nageur prenant fait cause pour un jeune migrant dans Welcome (2009) de juge pour ménages surendettés dans Toutes nos envies (2010). Alain Cavalier le transforme en Président de le République pour Pater (2011), où il parle des convictions avec passion.

Un acteur sensible

Vincent Lindon ne triche pas et Stéphane Brizé le comprend mieux que personne en le dirigeant en maçon amoureux d’une institutrice jouée par Sandrine Kiberlain (qui fut sa compagne à la ville) dans Mademoiselle Chambon (2009) puis en ancien détenu aidant sa mère à mourir dans Quelques heures de printemps (2012). Cette sensibilité à fleur de peau explose sur la scène quand il évoque ses parents qui ne sont plus là, pour le voir recevoir son prix.

Un rêve devenu réalité

Le bonheur de l’acteur sur la scène du Palais des Festival faisait plaisir à voir. Il a cité Faulkner qui conseillait de faire «des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant». Ses prochains défis sont de doubler le businessman du Petit Prince de Mark Osborne et d’incarner l’incarner l’un des Chevaliers blancs de Joaquim Lafosse pour un film librement inspiré de l’affaire L’Arche de Zoé, encore un beau sujet issu de l’actualité.