«Les Mille et une nuits»: Mille et une facettes du Portugal d'aujourd'hui

CINEMA Le premier volume d'une trilogie baptisée «Les Mille et une nuits» du réalisateur portugais Miguel Gomes sort en salles ce mercredi...

Stéphane Leblanc
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Les Mille et une nuits, de Miguel Gomez
Les Mille et une nuits, de Miguel Gomez — Agat Films & Cie

Shéhérazade comme héroïne de film pour raconter mille et une histoires du Portugal d’aujourd’hui. Miguel Gomes nous en avait déjà parlé en 2013, quelques mois avant de commencer à tourner ce projet fou qui allait le faire voyager pendant près d’un an à travers son pays.

Le réalisateur de Tabou (2012) sort ce mercredi en salles le premier volume de ce qui est finalement devenu une trilogie autour des « Mille et une nuits », entre réalité de la crise économique du Portugal d’aujourd’hui et fiction drolatique sur la crise d’inspiration d’un cinéaste, avec doute, inquiétude et fuite burlesque à la clé.

Une île aux vierges et des hommes qui bandent

Les protagonistes de ces histoires sont choisis dans la vie réelle : ouvriers de chantiers navals menacés de fermeture, spécialistes des abeilles inquiets de la prolifération des guêpes, villageois indécis un jour d’élection… Les sujets abordés ne sont pas seulement économiques ou politiques, même si « les habitants de ce pays ont tous vu leurs revenus diminuer ces dernières années », comme le film ne manque pas de le rappeler. Ils peuvent être ludiques, voire sensuels : « île aux jeunes vierges » d’un côté, « hommes qui bandent » pour représenter les puissants de l’autre…



On voit aussi une baleine échouée sur la plage, comme un clin d’œil au crocodile de Tabou… « Je conseille à tout réalisateur de faire construire une baleine quand il est dans le pétrin », note le réalisateur avec humour.

« La décision de réaliser trois films au lieu d’un a été prise à la fin du tournage », explique Miguel Gomes. A l’arrivée, trois volumes de deux heures, « très différents les uns des autres », sortiront à un mois d’intervalle : fin juin, fin juillet et fin août.

Manoel de Oliveira, la mort d’un immortel

« Rien ne sert de les voir à la suite, ils n’ont rien à voir les uns avec les autres », prévient le réalisateur. Leur point commun reste malgré tout d'offrir un aperçu de l'activité et de la créativité cinématographiques de tout un pays.

« Le cinéma portugais va un peu mieux depuis que des accords de financement ont été trouvé avec les chaînes de télévision, estime le cinéaste. Mais son économie reste fragile : il n’y a que dix films portugais réalisés chaque année. »

En revanche, il ne faut plus attendre le film que réalisait chaque année Manoel de Oliveira. La disparition à 106 ans, du doyen du cinéma mondial a évidemment marqué Miguel Gomes. « Au Portugal, tout le monde a été surpris, car pour nous il était devenu immortel »…