En compétiton au Festival de Cannes: «Le fils de Saul» de Laszlo Nemes

CINEMA Chaque jour, «20 Minutes» vous présente les enjeux des films en compétition sur la Croisette. Ce vendredi 15 mai, «Le fils de Saul» de Laszlo Nemes...

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Géza Röhrig dans Le fils de Saul de Lazlo Nemes
Géza Röhrig dans Le fils de Saul de Lazlo Nemes — Ad Vitam

Egalement en compétition pour la Caméra d’or, Le fils de Saul est le premier long-métrage du Hongrois Saul Nemes qui fut l’assistant de Béla Tarr.

Si le film m’était conté

En octobre 1944, Saul est un membre du Sonderkommando dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Il fait donc partie d’un groupe de prisonniers juifs contraints d’assister les nazis dans l’extermination des déportés qui arrivent par convois entiers. Un jour, il croit reconnaître son fils dans l’un des cadavres extrait de la chambre à gaz pour l’envoyer au crématorium.

Si sa sélection m’était expliquée

Le festival a toujours su débusquer des films forts et polémiques. Béla Tarr, déjà présent en compétition, a peut-être aussi recommandé son protégé. Il est certain que le sujet très dur, mais singulier, du Fils de Saul a de quoi attirer les festivaliers dans les salles tout en donnant un coup de projecteur sur un pays dont la cinématographie n’est pas souvent représentée.

Si on m’avait dit

C’est en s’appuyant sur Des voix sous la cendre, un ouvrage témoignant de la vie quotidienne du Sonderkommando, publié par le Mémorial de la Shoah, que Lazlo Nemes a écrit son film. Le sujet le touchait personnellement car une partie de sa famille a disparu à Auschwitz. Il a souhaité ne pas montrer l’horreur de façon frontale et s’est donc attaché à suivre les déplacements du personnage principal et ne représenter que ce qu’il regarde. Le fils de Saul a été filmé en pellicule 35 mm avec un objectif 40 mm qui permettait un format restreint, à hauteur du personnage, pour maintenir le regard du spectateur essentiellement sur lui et ce qu’il est en train de vivre.

Si on lui donnait la Palme

Les frères Coen sont bien du genre à se laisser impressionner par la réalisation virtuose de ce premier long-métrage. Lazslo Nemes offre une expérience aussi puissante que douloureuse tandis qu’on suit l’excellent Géza Röhrig, dans son cauchemar montré sans complaisance et sans concession. Si la mise en scène semble sérieusement en lice pour être récompensée, ce comédien étonnant a aussi de bonnes chances d’attirer l’attention des jurés.