Festival de Cannes: Le plaidoyer de Lambert Wilson pour la femme divise Twitter

CINEMA Le maitre de cérémonie a livré un discours très engagé pour l’ouverture de la 68e édition du Festival de Cannes…

Anne Demoulin
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Lambert Wilson à la cérémonie d'ouverture de la 68e édition du Festival de Cannes le 13 mai 2015.
Lambert Wilson à la cérémonie d'ouverture de la 68e édition du Festival de Cannes le 13 mai 2015. — Thibault Camus/AP/SIPA

Et de deux. Lambert Wilson a été pour la seconde fois le maitre de la cérémonie d’ouverture de la 68e édition du Festival de Cannes ce mercredi. « Je veux opposer la femme mise en lumière par le cinéma, révélée, à celle qu’on tient dans l’ombre, à celle qu’on bâillonne, à celle qu’on violente, à celle qu’on vend », avait-il annoncé à l’AFP. Le comédien a donc livré un discours d’ouverture qui se voulait tout à la fois engagé et poétique. Citant le réalisateur soviétique Andreï Tarkovski et Mike Brant, son discours d’ouverture ne laisse pas indifférent sur Twitter.

« Cannes est une femme »

Le maitre de cérémonie a demandé aux invités de fermer les yeux et d’imaginer le Festival de Cannes. Les stars se sont prêtées au jeu. « Quand vous pensez au Festival : c’est une femme, Cannes est une femme », a-t-il lancé, évoquant les actrices telles qu’Ingrid Bergman, choisie pour illustrer l’affiche du Festival de Cannes 2015, « Mademoiselle Catherine Deneuve », à l’affiche de La Tête en haut, le film realise par Emmanuelle Bercot, présenté en ouverture et hors competition.

Et de poursuivre : « A l’heure où certains voudraient la cacher, la violer, la mutiler, le cinéma met la femme en lumière. Le cinéma révèle les femmesquand certains voudraient les mettre dans l’ombre », lance-t-il.

« A Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes leurs films »

« Mesdames réalisatrices, actrices, scénaristes, techniciennes, vous avez modifié le regard des hommes », a-t-il encore lancé, citant notamment l’exception qui confirme la règle Jane Campion. La seule gagnante de la Palme d’Or en 1993 pour La Leçon de Piano et l’une des rares présidentes du Jury.

« A Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes leurs films », écrivait un collectif de femmes en 2012 dans une tribune publiée dans le Monde, qui dénonçait la sélection « exclusivement masculine des films en competition ».

A la conference de presse du 16 avril 2015, Thierry Frémaux se félicitait de la parité au sein des cinéastes français en compétition pour la Palme d’Or. Certes, des progrès ont été réalisés, Valérie Donzelli et Maïwenn sont en compétition, le film d’Emmanuelle Bercot fait l’ouverture. Selon Slate, seul 10,5 % de femmes réalisatrices sont en compétition en 2015. Un score légèrement supérieur à celui des quinze dernières années qui s’élève à 8,7 %, soit 28 femmes sur 323 cinéastes ayant prétendu à la Palme d’or.

Sur Twitter, les avis sur le discours du maître de cérémonie sont très partagés. Certains saluent la performance et l’engagement.

D’autres estiment que le discours est pompeux et paradoxalement, sexiste.