Festival de Cannes: La première révélation s'appelle Rod Paradot

CANNES A 18 ans, Rod Paradot incarne un adolescent déliquant dans «La Tête haute» d'Emmanuelle Bercot, qui fait l'ouverture de Cannes et sort en salle ce mercredi. Une révélation...

Stéphane Leblanc

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Rod paradot dans "La Tête haute" d'Emmanuelle Bercot
Rod paradot dans "La Tête haute" d'Emmanuelle Bercot — Les Films du Kiosque

Les premiers spectateurs de La Tête haute ne seront pas près d'oublier le visage de Rod Paradot, qui incarne Malauny dans le film d'ouverture du Festival de Cannes. Élevé par une mère quelque peu dépassée (Sara Forestier), ce jeune adolescent délinquant, dont on suit le parcours chaotique entre ses 13 et 17 ans, est suivi par une juge pour enfants (Catherine Deneuve) et un éducateur (Benoît Magimel) qui vont essayer de tout faire pour le remettre sur le droit chemin. Sur sa route, il rencontrera aussi une jeune fille de son âge (Diane Rouxel)...

Le jeune homme, qui avait 18 ans au moment du tournage de La Tête haute, a été repéré dans un lycée professionnel de Stains (Seine Saint-Denis) où il préparait un CAP de menuiserie.

Juvénile et photogénique

«J’ai longtemps hésité à le prendre parce que je trouvais qu’il n’avait pas la violence nécessaire en lui pour jouer le personnage tel que je l’avais écrit, raconte Emmanuelle Bercot à 20Minutes. Mais il avait ce visage juvénile et photogénique qui, non seulement, rompait avec l’archétype du jeune délinquant, mais nous permettait surtout de lui faire jouer Malauny à l'âge de 13 ans comme à 17 ans, alors qu’il en avait 18 dans la réalité. Après, il a fallu s’accrocher pour l’amener vers son personnage, surtout pour les scènes les plus éloignées de ce qu’il était. Il a travaillé avec un coach pendant deux mois et il a appris son texte avant d’arriver sur le tournage. Ce qui n’était pas évident pour quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’affinité avec les études.»

Entre violence explosive et hypersensibilité, Rod Paradot en impose avec cette interprétation qui rappelle un peu celle de Gérald Thomassin, dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon, qui avait obtenu le César du meilleur espoir en 1991.

Sauf que lui est «tout le contraire de son personnage», assure Emmanuelle Bercot: un garçon «poli et réservé, en un mot, adorable».