Dernière soirée avant fermeture définitive

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Une fois le palmarès donné, la fine fleur du Festival de Cannes (950 convives) s’est dirigée dimanche soir vers le cocktail dînatoire officiel, orchestré par le chef Bruno Oger. Pour y accéder, il fallait être invité par Gilles Jacob, le président du Festival. Et vous l’aurez compris, ce n’était pas donné au commun des mortels.

Voulant se la jouer «bordeline» pour cette dernière soirée de festival, 20 Minutes a préféré traîner ses tongs sur l’une des plages de la croisette, là où se donnait une fête dite «plus intime» en l’honneur du réalisateur palmé d’or, le Roumain Christian Mungiu, récompensé pour son film «4 mois, 3 semaines et 2 jours». «Intime», la soirée l’était: il y avait – sans trop exagérer – plus de serveurs que de fêtards. Mais était bel et bien présent le héros du Festival, Christian Mungiu, encore en smoking et escorté de l’écrin qui renferme sa palme d’or.


Christian Mungiu, palme d'or 2007
envoyé par 20Minutes

Tandis que celui-ci se faisait photographier, certains en arrière fond pestaient contre le palmarès. «Ce sont dix jurés qui en décident mais en quoi sont-ils représentatifs de ce que voudra voir le public?, demande l’une. Et sa voisine d’ajouter: «je me fous des prix, ce sont les films qui m’intéressent». «Tu ne peux pas dire ça: à Cannes, les palmes comptent!», réplique l’autre. «Tu es trop dans le système des palmes, tu en oublies l’artistique, répond la première. Le film de Naomi Kawase («La Forêt de Mogari», ndrl) va récolter 5.000 entrées supplémentaires grâce à son grand prix, et après?»

Après, pas grand-chose. On commente encore la tête affichée par les réalisateurs au moment de recevoir leur prix. «Schnabel faisait la gueule, quand même» (prix de la mise en scène pour «Le Scaphandre et le papillon», ndrl). Les autre opinent du chef: «Oui, Carlos Reygadas aussi avait l’air déçu» (prix du jury pour «Lumière silencieuse»). «Et Gus Van Sant, était-il heureux d’obtenir un prix?», demande un journaliste. «Bof, il a l’air de s’en foutre, lui répond-t-on. Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, le prix du 60ème anniversaire?».
Dehors, la croisette est vide, c’est l’heure de rentrer.