«La loi du marché»: Un film de fiction qui flirte avec la réalité

CANNES Stéphane Brizé signe un film proche du documentaire en explorant la vie d'un chômeur longue durée dans «La loi du marché»... Le film sort en salle ce mardi...

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié
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Vincent Lindon dans La loi du marché
Vincent Lindon dans La loi du marché — Nord-Ouest films/Arte/Diaphana

Dans La loi du marché, Stéphane Brizé plonge dans la vie quotidienne d'un chômeur longue durée incarné par Vincent Lindon. «Je considère qu'il s'agit d'un film de guerre. Il aurait pu s'appeler "La guerre économique". C'est pour cela que je l'ai filmé caméra à l'épaule, à la manière d'un reporter en plein conflit», a-t-il expliqué à 20 Minutes.



Des rencontres déterminantes

Réaliser un documentaire sur le chômage n'était pas le but du réalisateur. «Ce qui m'intéressait était de montrer les réactions d'un individu confronté à un monde brutal. C'est de cette réflexion qu'est venue la forme de ce film très différente de celle de mes œuvres précédentes», dit-il. L'urgence est sensible dans la façon dont il évolue comme dans un reportage laissant le spectateur suspendu entre la réalité et une fiction que des rencontres l'ont aidé à construire. «J'ai notamment beaucoup discuté avec des employés de Pôle emploi et des agents de sécurité dont certains sont devenus des acteurs du film», dit-il.



Trouver l'équilibre

Stéphane Brizé a aussi puisé ses sources dans l'actualité, mêlant tous ces éléments pour obtenir une histoire homogène. «Les témoignages et les lectures se sont entremêlés de façon équilibrée. Je ne voulais pas qu'on m'accuse d'être médisant: tout ce que je décris est réel». Le cinéaste a même été contraint d'alléger la mule pour ne pas tomber dans le grotesque. «J'ai assisté à une interpellation par un agent de sécurité qui s'est tellement fait pourrir d'injures racistes que je n'ai pas pu la mettre dans le film. J'ai tourné la scène, mais elle ne passait pas au cœur d'une fiction». La justesse de son film prouve qu'il a su faire la part des choses entre réalité et fiction.