Stéphane Brizé: «Vincent Lindon peut refuser l'obstacle comme un cheval de course»

CANNES Pour leur troisième collaboration, Stéphane Brizé a entouré Vincent Lindon d'acteurs non professionnels...  

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Vincent Lindon, agent de sécurité dans La loi du marché
Vincent Lindon, agent de sécurité dans La loi du marché — Nord-Ouest Films - Arte France Cinéma /Diaphana

Ils ont travaillé ensemble sur Mademoiselle Chambon (2009) et Quelques heures de printemps (2012) avant de se retrouver ensemble à Cannes pour La loi du marché. Vincent Lindon et Stéphane Brizé peuvent être considérés comme un vieux couple de cinéma. «Trois films, cela équivaut à peu près à sept ans de cohabitation dans une colocation» s'amuse le réalisateur avant d'avouer, plus sérieux: «Ce dernier film n'aurait pas pu exister si nous n'avions pas appris à nous connaître sur les deux autres».

De Brizé à Lindon

C'est après une conversation avec Vincent Lindon que le réalisateur a écrit le scénario de La loi du marché. «La vérité est que je ne l'ai pas écrit pour lui, mais pour moi, avoue-t-il. Vincent, c'est Stéphane Brizé si j'étais un acteur très doué!». Le cinéaste ne tarit pas d'éloges sur le comédien. «L'engager comme un simple acteur docile est une grossière erreur. Il sent le cadre et peut refuser l'obstacle comme un cheval de course. Son corps a plus souvent raison que les mots du scénariste». Jamais Vincent Lindon, monolithe de désespoir, n'a été aussi fort que dans ce film.

Une question de confiance

Le fait de tourner avec des acteurs non-professionnels n'a pas inquiété Vincent Lindon. «Il estimait qu'ils étaient légitimes à partir du moment où je les avais sélectionnés. Ils étaient capables d'imposer une vérité brute sans fabrication et c'est ce que Vincent cherche en tant qu'acteur», explique Stéphane Brizé. Le réalisateur laissait ses interprètes utiliser leur propre langage. «Cela les mettait tout le monde à égalité: Vincent arrivait avec son charisme et son expérience de comédien et eux avec leurs connaissances de leur milieu socioprofessionnel et des situations que je leur faisais revivre».