Festival de Cannes: Ce qui est «officiel» et ce qui ne l’est pas

CINEMA Différenciez «sélection officielle» et «sections parallèles» et maîtrisez le jargon du festivalier cannois...

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc

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Charlize Theron sur le tapis rouge pour Mad Max en sélection officielle, mais hors compétition
Charlize Theron sur le tapis rouge pour Mad Max en sélection officielle, mais hors compétition — Thibault Camus/AP/SIPA

Comment éviter de se faire rabrouer par les piliers de la Croisette ? En maîtrisant le jargon du festivalier avec ses expressions toutes faites. Déjà, «sélection officielle»: deux mots qui n’ont de sens à Cannes qu’accolés l’un à l’autre. Cette dénomination regroupe les 90 films choisis par les équipes du délégué général Thierry Frémaux. Et notamment les 19 en lice pour la Palme d’or qui sera décernée le 24 mai par le jury des frères Coen.

A Cannes, la compétition ne peut qu’être «officielle»

Sinon, elle n’existerait pas. Le programme de la sélection officielle qui focalise tous les regards, c’est la compétition. Inutile de parler de «compétition officielle», au risque qu’être redondant. N’est-ce pas Isabelle Huppert? (Comme quoi c'est simple pour personne, cette histoire-là).

Dans la «sélection officielle», il y a aussi des films «hors compétition et séances spéciales» (Natalie Portman, Woody Allen, Gaspar Noé), des «courts-métrages en compétition», les films d’étude de la «Cinéfondation», des documentaires et des films restaurés à «Cannes Classics», des projections ouvertes au public au «Cinéma de la plage». Et, last but not least, les films d’«Un certain regard», qui n’est donc en aucun cas une «section parallèle», puisqu’elle fait partie intégrante de la «sélection officielle» bâtie par Thierry Frémaux.

La Caméra d’or pour faire le lien, le marché pour faire le buzz

L’expression «section parallèle» désigne deux programmations indépendantes, celle de la Quinzaine des réalisateurs et celle de la Semaine de la critique. La première est organisée sous l’égide d’une association de réalisateurs, la SRF, la seconde par un groupement de journalistes, le Syndicat français de la critique de cinéma. «La Caméra d’or» sert de lien entre ces «sections parallèles» et la «sélection officielle » puisque ce prix récompense le meilleur premier film de toutes ces programmations… à l’exception de l’Acid. L'Oeil d'or, prix créé cette année pour récompenser le meilleur documentaire à Cannes, reprend le même principe du «toute section confondue, sauf l'Acid», a confirmé à 20Minutes la cinéaste Julie Bertuccelli à l'origine du prix.

Moins médiatisée et hostile, par principe à l’idée de compétition, l’Acid présente des films en quête de distributeurs. Cette année, Philippe Katerine joue dans l’un d’euxGaz de France, de Benoît Forgeard… Les autres films présentés à Cannes, les plus nombreux, n’ont été retenus nulle part mais qui comptent bien sur le Marché du film pour profiter du buzz.