Pourquoi Alan Rickman n'a pas tourné «Les jardins du roi» à Versailles

CINEMA Alan Rickman, acteur réputé pour son rôle de traître dans la saga Harry Potter, a fait recréer Versailles pour «Les jardins du roi»...

Caroline Vié

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Alan Rickamn en Louis XIV dans Les jardins du roi
Alan Rickamn en Louis XIV dans Les jardins du roi — Metropolitan

Alan Rickman n'était pas passé derrière la caméra depuis dix-huit ans et L'invitée de l'hiver, la faute à la saga Harry Potter qui l'avait monopolisé dans le rôle du Professeur Rogue. Le voici de retour avec Les jardins du roi où il raconte les aventures d'une célèbre femme paysagiste qui impressionna Louis XIV et son maître jardinier André Le Nôtre en l'aidant à créer le mythique Bosquet des Rocailles.

Recréer Versailles en Angleterre

«Tourner à Versailles aurait été trop coûteux», explique le réalisateur qui se dirige lui-même dans le rôle du Roi Soleil et qui a confié les personnages de Le Nôtre et de sa protégée à Matthias Schoenaerts et Kate Winslet. «Nous avons d'abord pensé filmer certains extérieurs sur place puis nous nous sommes rendu compte que l'Angleterre regorgeait de paysages qui pouvaient faire l'affaire.» Le palais de Blenheim, non loin d'Oxford et le Palais d'Hampton Court font partie des châteaux qui ont accueilli Rickman et son équipe tandis que qui se sont ensuite transportés dans les célèbres studios de Pinewood.

Un tournage difficile

Alan Rickman avoue en avoir bavé sur ce tournage au budget plutôt serré. «Bien que j'ai bénéficié d'une grande liberté artistique, le manque d'argent était un vrai problème dans ces décors superbes mais inconfortables, absolument pas conçus pour recevoir un tournage.» Les scènes réunissant près d'une centaine de figurants font pourtant illusion. Le spectateur a vraiment l'impression de se retrouver au milieu des intrigues de cour en même temps que les protagonistes. «Les rapports entre les personnages m'intéressaient davantage que l'exactitude historique», dit le réalisateur.

La royauté dans toute sa splendeur

Difficile en voyant cette fresque luxueuse d'imaginer que la révolution finira par avoir raison de ce monde très codifié. «Mon film est avant tout une histoire d'amour et de création», précise Alan Rickman qui n'a revisité ni Marie Antoinette (2006) de Sofia Coppola, ni Les adieux à la reine (2012) de Benoît Jacquot pour préparer son film. «Les jardins du roi évoque Versailles au temps de la splendeur de la royauté, dit-il. Je parle de jeu de pouvoirs mais en conservant une certaine forme de légèreté.» Ce portrait d'une femme créatrice dans un univers masculin séduit par sa modernité faisait oublier que Rickman n'a jamais mis les pieds dans le vrai château.