Tarantino, pied au plancher

Caroline Vié (à Cannes)

— 

Kurt Russel dans «Boulevard de la mort» de Quentin Tarantino. Il incarne Mike, cascadeur balafré et inquiétant, sur les traces des night-clubbeuses de la ville...
Kurt Russel dans «Boulevard de la mort» de Quentin Tarantino. Il incarne Mike, cascadeur balafré et inquiétant, sur les traces des night-clubbeuses de la ville... — TFM Distribution

Waaaaaah! C’est ce qu’on a envie de dire en sortant de «Boulevard de la mort», présenté hier soir à la presse. Ce boulevard, c'est surtout une autoroute pour deux heures de plaisir total. Tarantino aime le cinéma de genre qui le lui rend bien. Pas échaudé pour deux sous par le mauvais accueil américain fait à «Grindhouse», double programme de séries Z coréalisé avec son pote Robert Rodriguez, Mister Q est venu seul sur la Croisette après avoir rallongé son film pour en faire un long-métrage.

Les aventures sanglantes d’une bande de drôles de dames face à un cascadeur qui ne rêve que des les écraser avec sa très grosse voiture permettent de retrouver tout ce qu’on aime chez le réalisateur de Pulp Fiction et Kill Bill. Action et humour sont ses ingrédients de prédilection accompagnés de nombreuses références à un culture populaire qu’il vénère. Une scène d’accident et une séquence ahurissante de poursuite en voitures constituent les moments les plus forts d’un divertissement assumé à 100%. Futile? Oui, mais avec fureur! Qui a décrété qu’on n’avait pas le droit d’aller au cinéma pour s’amuser? «Boulevard de la mort» est un film conçu pour faire passer des décharges d’adrénaline et provoquer des éclats de rire. Quentin Tarantino fait voyager le spectateur dans le temps, en l’envoyant au pays du nanar, mais un nanar revu et corrigé par un grand cinéaste maîtrisant à fond l’art de la mise en scène.