Une belle brochette sur la Croisette

Caroline Vié, à Cannes

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C’est dans une atmosphère festive que les réalisateurs de «Chacun son cinéma» se sont pliés au jeu des questions-réponses. Tous étaient de bonne humeur et chacun avait fort envie de découvrir les films des autres. En effet, les cinéastes avaient travaillé en toute indépendance et ne devaient découvrir les œuvres des autres que le soir même.

Echanges à bâtons rompus

Takeshi Kitano s’est étonné «de voir que réaliser un court métrage demandait autant d’énergie que de tourner un long». Certains se sont inquiétés de l’avenir des salles obscures. «Je ne suis pas impatient de voir des films sur mon téléphone portable», a déclaré David Cronenberg qui a signé un court très noir. Plus optimiste, Roman Polanski a expliqué que «les cassettes n’ayant jamais empêché les concerts, je suis certain que les projections publiques ont encore de belles heures devant elles.» Atom Egoyan n’était pas d’accord et Ken Loach a plaisanté en disant que : «Quitte à entendre quelqu’un manger du pop-corn dans mes oreilles, j’aime autant aller au foot qu’au cinéma parce que je ne connais pas la fin.»

Le choc Roman

Tout le monde parlait et devisait joyeusement. Jane Campion déplorait d’être la seule femme a avoir été solliciétée tout en se félicitant de cet honneur, quand, soudain, Roman Polanski a harangué les journalistes les accusant de poser des questions d’un niveau lamentable et de ne rien connaître au travail des cinéaste présents. Il s’est alors levé et est sorti de la salle en invitant ses camarades à «aller bouffer».

Les dernières interventions ont eu lieu dans un silence aussi pesant qu’embarrassé car personne n’a réellement compris quelle mouche avait piqué Roman, homme habituellement courtois, pour qu’il se montre si impoli et  si désagréable vis-à-vis de journalistes qui ont souvent défendu son cinéma.