Le bonheur multiplié par 35

Caroline Vié, à Cannes

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Les 35 réalisateurs de «Chacun son cinéma» pour le 60e Festival de Cannes. Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Chen Kaige, Michael Cimino, Ethan & Joel Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre & Luc Dardenne, Manoel De Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Hou Hsiao Hsien, Alejandro Gonzalez Iñarritu, Aki Kaurismaki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles, Elia Suleiman, Tsai Ming Liang, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Wim Wenders, Wong Kar Wai, Zhang Yimou
Les 35 réalisateurs de «Chacun son cinéma» pour le 60e Festival de Cannes. Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Chen Kaige, Michael Cimino, Ethan & Joel Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre & Luc Dardenne, Manoel De Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Hou Hsiao Hsien, Alejandro Gonzalez Iñarritu, Aki Kaurismaki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles, Elia Suleiman, Tsai Ming Liang, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Wim Wenders, Wong Kar Wai, Zhang Yimou — Reuters

Trente-cinq réalisateurs pour trente-trois films (deux fratries partagent la réalisation d’un segment) de trois minutes. Pour les 60 ans de Cannes, des réalisateurs de 25 pays différents se sont pliés à cet exercice. Résultat : deux heures de bonheur pour les cinéphiles

Chaque très court-métrage de cet impressionnant florilège célèbre la passion du cinéma de grands cinéastes venus du monde entier. Une façon idéale de fêter les 60 ans du plus grand festival du monde car chacun évoque, à sa manière, son amour pour les salles obscures et les écrans blancs.

Bien évidemment, tous les films ne sont pas de qualité égale. Selon son goût, le spectateur se délectera davantage de voir Takeshi Kitano en projectionniste maladroit ou Nanni Moretti en conteur malicieux de ses aventures de cinéphile. Claude Lelouch raconte sa vie marquée par divers longs-métrages. Wong Kar-wai fait vivre une histoire d’amour torride à un jeune homme amateur de fruits défendus tandis Youssef Chahine détaille sa propre carrière avec un égocentrisme réjouissant.

David Cronenberg en suicidaire et Lars von Trier en meurtrier ont payé de leur personne dans leurs courts respectifs tandis que les frères Dardenne ont retrouvé Emilie Dequenne, victime d’un pick-pocket pendant une séance et que Walter Salles fête le festival avec les impros de deux réjouissants chanteurs affabulateurs.

Il est impossible de les citer tous, comme de faire communiquer au lecteur le plaisir ludique qui s’empare du spectateur. Dans la salle, on entendait bien des journalistes chuchoter des pronostics, tentant d’identifier à l’avance le nom de réalisateurs pour opiner vigoureusement de la tête ou la secouer avec dépit à chaque générique. Cette anthologie jouissive pour cinéphiles passionnés et cinéastes joueurs a rempli son contrat en faisant passer 120 minutes de cinéma célébré dans tous ses états.