«Le Bannissement», tableau vivant

CANNES Remarquable mise en scène du Russe Andreï Zviaguintsev pour son second long-métrage...

Stéphane Leblanc (à Cannes)

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« Le Bannissement »
Critique du film d’Andreï Zviaguintsev

Une note : 4/5
Une récompense ? Un prix de la mise en scène serait amplement mérité.

Une critique
Quatre ans après avoir remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise avec «Le Retour», le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev débarque pour la première fois à Cannes, en compétition, avec son deuxième long-métrage, «Le Bannissement». De ce drame librement adapté d’une nouvelle de William Saroyan qui raconte comment l’annonce d’une grossesse peut faire imploser une famille, on retiendra surtout l’exceptionnelle qualité de la mise en scène.

Avec un talent qui n’est pas sans rappeler celui d’un autre Andreï, le génial Tarkovski, le cinéaste invente des plans séquences en forme de tableaux vivants d’une fulgurante beauté, et retrouve pour l’occasion l’incroyable comédien Konstantin Lavronenko, qui incarnait déjà le père dans son premier film. « Je voulais éviter de reprendre cet acteur car je ne voulais pas creuser le même sillon, explique Zviaguintsev, mais je n’ai finalement pas trouvé qui que ce soit d’autre de son niveau. Je voyais au départ Alex plus jeune, mais j’ai compris ensuite qu’il devait être exactement ainsi : la quarantaine passée, quand la moitié de sa vie est déjà derrière vous et que l’écroulement de cette vie est vécu de manière bien plus grave encore. »