Le HD-VMD fait sa pub sur la Croisette

Alice Antheaume (à Cannes)

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Dans le domaine de la HD (Haute Définition), deux formats se faisaient déjà la guerre pour succéder à nos DVD et à nos lecteurs actuels: le Blu-ray de Sony d’un côté et le HD-DVD de Toshiba de l’autre. Désormais, il faudra compter avec un troisième larron: le HD-VMD (Versatile Multilayer Disc, disque multicouche versatile), créé par la société américaine NME (New Medium Entreprises). Une plan à trois qui n’est pas sans rappeler la guerre des années 80 entre VHS, Betamax et V2000.

Ce nouveau format de HD débarquera en France à l’automne avec un argument de poids: un prix plancher bas. En effet, le lecteur de salon HD-VMD coûtera 300 euros (avec 5 films en HD) quand un lecteur Blu-ray vaut environ 700 euros et un lecteur HD-DVD 500 euros.

A ce prix, la qualité d’image est-elle moindre? «Il n’y a pas de différence visible à l’œil nu, répond Shakuntala, directrice générale de NME en France, interrogée par 20minutes.fr à Cannes. La HD est une norme, qui est la même pour tous. Pour pouvoir être appelé HD, il faut que la résolution soit de 1920 x 1080 pixels».

Le secret de ce prix, c’est la technique inventée par NME. «Nous avons trouvé comment produire, sans déperdition, des disques multicouches en masse», explique Shakuntala. Grâce à un procédé appelé le «2P process», quatre couches de données peuvent être superposées, quand un DVD classique n’en a qu'une. Autre particularité de ce format: le HD-VMD fait du neuf avec du vieux en reprenant la technologie du laser rouge, qui lit nos CD et DVD depuis longtemps. Blu-ray et HD-DVD, eux, avaient opté pour une technologie neuve, celle des diodes de laser bleu, produites en faible quantité et forcément, à coût plus élevé.

On a trouvé en trois ans ce que Philips n'a pas réussi à élucider, malgré plusieurs années de recherches, se vante NME. «Nous sommes allés chercher les meilleures têtes pensantes du monde: des ingénieurs russes, américains et australiens, qui ont fini par trouver la solution. Car qui cherche trouve!»

La guerre des formats HD, et avec, des marques, est donc déclarée? «Il serait surréaliste de partir en guerre contre Sony ou Toshiba, reprend Shakuntala. Ce ne sont pas les marques qui vont décider de qui va l’emporter, mais le marché des consommateurs.»

Les consommateurs, certes, mais les éditeurs de films aussi. Car la meilleure technologie ne saurait vivre sans catalogue conséquent. Pour l’instant, NME a signé avec Seven7 et Metropolitan Filmexport, des éditeurs indépendants. Pour élargir l’offre, reste donc à convaincre les majors américaines et à s’allier avec une console de jeux vidéo, ni la X-Box de Microsoft, déjà en HD-DVD, ni la Playstation de Sony, forcément en Blu-ray.