My Blueberry Nights

Stéphane Leblanc ( à Cannes)

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«Ce film, je l'ai tourné aux Etats-Unis parce que je voulais travailler avec Norah Jones». Sur sa méthode de travail, Wong Kar-wai a simplement confié qu'il était primordial, pour lui, d¹une part d'écrire «sur mesure» pour les acteurs qui allaient endosser les rôles, et d'autre part d'«éviter l'écueil de l¹exotisme». Pour ce faire, il lançait les lignes directrices des scènes qu'il souhaitait tourner, puis Lawrence Block (le scénariste, auteur réputé de polars) écrivait les dialogues et le cinéaste demandait ensuite aux acteurs ce qu¹ils en pensaient, de manière à corriger ce aurait pu sonner faux. Quand on entend Norah Jones s'enthousiasmer de l'excitation du cinéaste à tourner la scène de baiser «qu'on a mis longtemps à tourner», ou Jude Law avouer au sujet du même baiser à quel point «ce qui ne représente qu'un tout petit moment dans la vie de ces personnages va changer leur vie à tout jamais», on se demande si les acteurs sont forcément les meilleurs conseillers.

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