Faut-il présenter son film en début ou en fin de festival?

Alice Antheaume (à Cannes)

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Quand faut-il présenter son film? En début ou en fin de festival? A Cannes, la date de projection est un critère décisif...

En début s’il s’agit de vendre le film à l’étranger
Selon les vendeurs français qui œuvrent au Marché du film, «le mieux est que la projection ait lieu la première semaine, dit l’un d’eux. Ainsi, on a plus de marge, pendant la seconde semaine, pour négocier le montant de sa vente à l’international. Et les enchères ont le temps de grimper». Jusqu’à des montants qui peuvent représenter l’«asking price» (le prix avancé par les vendeurs pour commencer les négociations) multiplié par 100. Au total, le Marché du film génèrerait, selon le magazine «Studio», un volume d’affaires estimé à 500 millions de dollars (environ 369 millions d’euros).

En fin s’il s’agit de remporter un prix
«En 1999, notre tactique pour «Rosetta», c’était de montrer le film en dernier jour du festival, se souvient Michèle Halberstadt, distributrice et productrice indépendante. Afin que les jurés n’aient pas le temps de s’en remettre, et qu’au moment de délibérer, ne sachant pas quel cador récompenser, ils tombent d’accord sur le petit film belge». Pari gagné, puisque le film remporte la Palme d’or. Mais ce ne fut pas une mince affaire. «J’avais mis trois heures à convaincre les frères Dardenne d’accepter que «Rosetta» soit diffusé le dernier jour, raconte-t-elle. Ils avaient peur que la presse n’en parle pas. En montrant le film le dernier samedi, c’était le risque: il n’y a presque pas de journaux le dimanche, et le lundi, on ne parle dans les médias que du palmarès de Cannes».

Quelle tactique aujourd’hui?
«Après «Rosetta», on a longtemps pensé que les films qui passaient en dernier avaient plus de chance d’obtenir des prix, dit Michèle Halberstadt. Car on est très superstitieux dans la profession».
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