Pierre Jolivet et Olivier Gourmet gagnent leur pari dès la première scène de «Jamais de la vie»

THRILLER Pierre Jolivet fait apprécier le héros de «Jamais de la vie» dès la scène d'ouverture du film...  

Caroline Vié

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Olivier Gourmet et Bénabar dans Jamais de la vie
Olivier Gourmet et Bénabar dans Jamais de la vie — Ad Vitam

Avec Jamais de la vie, Pierre Jolivet offre l'un de ses meilleurs films, l'histoire d'un gardien de nuit de centre commercial confronté à un cas de conscience quand il découvre que son établissement va se faire braquer par des voyous. Dès le générique  de ce thriller sur fond de drame social, le spectateur se fait happer.

Un homme en marge

«Il était indispensable de bien présenter le personnage pour que le public puisse s'identifier à lui», dit le réalisateur auquel on doit notamment Ma petite entreprise (1999) et Mains armées (2012). Tout commence par une séquence sans parole, où la caméra suit le héros, incarné par l'excellent Olivier Gourmet, lors de sa ronde nocturne. «Quand on est seul, on se conduit de façon différente que lorsqu'on est observé, précise Pierre Jolivet. Son isolement est d'autant plus sensible dans cet endroit habituellement très fréquenté. Pour moi, cette scène révèle à quel point il est en marge de la société». Une entrée en matière qui fait immédiatement monter la tension.

Tout faire comprendre par le geste

On voit ainsi notre homme faire de l'équilibre sur des plots, jouer avec ses voitures télécommandées ou avancer en funambule entre les magasins déserts. «Olivier Gourmet a trouvé le personnage dès que nous avons déniché ses vêtements. Il arrive à faire comprendre par sa gestuelle à quel point de personnage est écrasé par son  passé.» L'empathie est extrême pour cet employé qui n'aspire qu'à connaître la paix. En quelques minutes silencieuses, plus riches en émotions que bien des dialogues, le spectateur est touché au cœur, prêt pour la suite, dramatique et riche en péripéties, d'un film coup de cœur et coup de poing.