Comment Jamel Debbouze s'est transformé en singe dans «Pourquoi j’ai pas mangé mon père»

CINEMA Jamel Debbouze signe sa première réalisation avec ce film d'animation inspiré d'un roman de Roy Lewis...

Caroline Vié

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Jamel Debbouze dans Pourquoi j'ai pas mangé mon père
Jamel Debbouze dans Pourquoi j'ai pas mangé mon père — Pathé distribution

Comment Edouard, petit singe malicieux, va changer la vie de sa tribu qui l'estime trop malingre pour être bon à grand-chose, telle est l'histoire de Pourquoi j'ai pas mangé mon père, première réalisation de Jamel Debbouze. Depuis 2008, le comédien cherche à porter à l'écran le roman de Roy Lewis. Il a choisi l'animation et la technique de la «motion capture» pour donner vie à ces simiens découvrant le feu, l'amour et l'espoir au gré d'aventures rocambolesques.

La motion capture, qu'est-ce que c'est?

La «motion capture» (MoCap) ou «capture du mouvement» est une technique consistant à enregistrer le travail des comédiens puis à se servir de ces images comme base pour l'animation du film.

«Ici, il s'agit même de «performance capture», précise Marc Miance, producteur exécutif du film qui a supervisé sa mise en images. Nous avons représenté les expressions faciales et les regards des comédiens en plus du langage corporel».

Pourquoi avoir utilisé cette technique?

C'est la première fois que la MoCap est utilisée en France pour la totalité d'un long-métrage. Comme dans le Tintin (2011) de Steven Spielberg, chaque personnage devient l'enveloppe digitale d'un comédien.

«Quand nous avons vu le résultat des tests et que nous avons découvert ce Jamel des cavernes, cette technologie est devenue une évidence, précise Marc Miance. Capturer Jamel Debbouze au propre et au figuré est une sacrée expérience».

Comment ça marche?

Chaque acteur portait une combinaison couverte de capteurs et un casque, baptisé «Third Eye» pesant cinq cents grammes, destiné à enregistrer mouvements et expressions sur un immense plateau de tournage équipé de soixante-dix caméras.

«On pouvait tourner une dizaine de plans par jour, ce qui est assez proche du théâtre filmé, sans aucune attente liée à la lumière, au son ou au maquillage. La liberté de jeu était immense malgré les contraintes techniques auxquelles tout le monde s'est vite habitué».

On fait ça en combien de temps?

Il a fallu deux mois de tournage et un an de post-production à Mumbaï aux studios Prana pour donner vie au film. Jamel pouvait choisir ses cadres pendant le montage car chaque performance avait été captée à 360°.

Nous avons mis nous efforts au service de sa créativité. Malgré tous ces ordinateurs, le travail n'est plus ou moins que de l'artisanat à grande échelle, dit Marc Miance. Un vrai boulot de titan».